Aux assises, l'assaillant au marteau de Notre-Dame assume un geste "politique"

Claudine Rigal
Octobre 14, 2020

Un procès qui se déroulera alors que celui concernant les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher se poursuit et deux semaines après l'attaque, qui a fait deux blessés, devant les anciens locaux de l'hebdomadaire satirique.

Le 6 juin 2017, au milieu des touristes déambulant sur le parvis de Notre-Dame, il a bondi sur un groupe de trois policiers, frappant l'un d'eux avec un marteau en criant "C'est pour la Syria!". Le policier est blessé légèrement à la tête et un de ses collègues va alors neutraliser Farid Ikken en le blessant au thorax. Et à son domicile, situé dans une résidence étudiante à Cergy (région parisienne), un appareil photo contenant une vidéo enregistrée la nuit d'avant l'attaque où il prête allégeance à l'EI et annonce: "C'est l'heure de la vengeance, c'est l'heure du djihad".

Farid Ikken qui a reconnu les faits est aujourd'hui poursuivi pour "tentative d'homicides volontaires avec préméditation sur des personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste". Farid Ikken a-t-il voulu tuer les policiers ou, comme il le prétend, "juste" voulu les blesser?

En 2017, la France participe aux bombardements contre l'Etat Islamique à Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak alors tenue par les djihadistes. Les combats qui ont duré neuf mois, feront près de 10 000 morts parmi les civils.

Les forces de l'ordre vont trouver, dans le sac de l'assaillant, un ordinateur, des clés USB avec de la propagande djihadiste et sur lui et en plus du marteau, Farid Ikken portait deux couteaux de cuisine de 18 cm et 26 cm. Il dit avoir voulu blesser le policier pour "attirer l'attention de l'opinion publique française sur le massacre de (ses) petits frères et sœurs à Mossoul et en Syrie par l'armée française".

Si l'accusé a rapidement reconnu les faits, il nie en revanche avoir voulu tuer les policiers. "Mon client espère que l'accusé reconnaîtra la tentative d'homicide". Ça l'a beaucoup perturbé, et il a quitté la région parisienne après cela.

Rien dans son parcours ne le laissait augurer.

Un profil atypiqueNé en Algérie dans une famille kabyle nombreuse et "peu pratiquante religieusement" selon les enquêteurs, Farid Ikken y a obtenu le baccalauréat puis une licence avant de partir en Suède en 2001, où il décroche un master de journalisme.

Il s'était ensuite inscrit à Metz, en doctorat de Sciences de l'information et de la communication en mars 2014.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL