Bernard Tapie rejugé à Paris pour "escroquerie" — Affaire de l'arbitrage

Pierre Vaugeois
Octobre 12, 2020

L'avocat Hervé Temime, auteur du livre "Secret défense" publié fin septembre, est également revenu lors de son interview sur LCI sur la situation dans laquelle se trouve son ami et désormais Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti.

Pour les juges, "aucun élément du dossier" ne permettait d'affirmer que l'arbitrage, censé solder un vieux litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais et qui a été définitivement jugé irrégulier par la justice civile, ait fait l'objet de "manoeuvres frauduleuses".

Stéphane Richard, directeur de cabinet de l'ex-ministre de l'Economie Christine Lagarde à l'époque des faits, et les deux ex-dirigeants des entités chargées de gérer le passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi et Bernard Scemama, sont eux rejugés pour "complicité". En parallèle de cette bataille, l'ancien ministre âgée de 77 ans mène un autre combat: celui du cancer qui le dévore depuis trois ans. Plus les mois avancent et plus la santé de Bernard Tapie se dégrade. En activant d'abord ses soutiens à l'Elysée pour que le pouvoir sarkozyste choisisse la voie arbitrale au lieu de la justice ordinaire.

Puis de s'être assuré de la "partialité" du haut magistrat Pierre Estoup, principal rédacteur de la sentence arbitrale.

Absent pour raisons médicales pendant la quasi totalité du procès en première instance, M. Estoup, 94 ans, ne pourra pas plus assister aux débats en appel, selon l'un de ses avocats Renaud Bertin.

Dans sa décision du 9 juillet 2019, le tribunal n'avait pas retenu le " détournement de fonds publics " ou la complicité de ce délit reprochés aux prévenus. Elle avait toutefois été dispensée de peine. Le propriétaire de La Provence repasse donc devant la justice pour un procès qui s'ouvre ce lundi après-midi et doit durer jusqu'au 18 novembre. Les avocats des prévenus questionnent notamment la régularité de l'appel formé par le parquet.

L'Etat et le Consortium de réalisation (CDR), l'organisme chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, sont parties civiles. La cour d'appel de Paris a estimé en février qu'elle s'élevait à 438 millions d'euros, mais l'homme d'affaires s'est pourvu en cassation. Une décision dont il a fait appel.

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