Covid-19 - Un cinquième cas mondial de réinfection signalé

Claudine Rigal
Octobre 14, 2020

Un Américain âgé de 25 ans a été infecté à deux reprises par le Covid-19, subissant la deuxième fois une forme plus grave de la maladie, constate une étude dans The Lancet, relevant une nouvelle fois l'importance des gestes barrières.

A l'inverse, le patient du Nevada a dû être hospitalisé aux urgences et recevoir de l'oxygène lors de sa deuxième infection, alors qu'il avait eu des symptômes plus légers la première fois.

L'annonce dévoilée par la revue The Lancet et relayée par l'AFP, tend à confirmer qu'il faut continuer à prendre des précautions, dont la distanciation physique, le port du masque et le lavage des mains, dans la mesure où une réinfection est désormais possible, a déclaré le professeur Pandori, cité dans un communiqué de The Lancet Infectious Diseases. Le 18 avril, il est testé positif une première fois, avec quelques symptômes (mal de gorge et de tête, toux, nausée, diarrhée). "Cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas davantage, particulièrement car de nombreux cas de Covid-19 sont asymptomatiques" et a toutefois prévenu le professeur Mark Pandori, auteur principal de l'étude sur le cas de réinfection américain.

Les auteurs de l'étude émettent trois hypothèses principales à cette réinfection aggravée: une dose plus élevée du virus lors de la seconde contamination, une version plus virulente du virus ou l'implication des anticorps, développés lors de la première infection, qui auraient empiré la seconde, ce que l'on observe pour d'autres maladies, comme la dengue.

Au début du mois de mai, ne présentant plus aucun symptôme, il a été testé négatif et ce, deux fois de suite. C'est le cinquième cas recensé officiellement dans le monde.

Une analyse génétique a montré que les deux infections successives avaient été causées par deux souches différentes du coronavirus SARS-CoV-2, point indispensable pour qu'on soit certain qu'il s'agit bien d'une réinfection.

Cela dépend des cas. Mais elle souffrait par ailleurs d'un cancer rare et ses défenses immunitaires étaient très affaiblies. Le court délai entre les deux, 48 jours, interroge sur le délai d'efficacité des anticorps. Mais quelle que soit leur cause, "les réinfections nous montrent que nous ne pouvons pas nous appuyer sur l'immunité acquise par l'infection naturelle pour atteindre une immunité de groupe", écrit la professeure Akiko Iwasaki, interrogée par The Lancet.

"Les exemples d'autres coronavirus, responsables de banals rhumes mais aussi du Sras et du Mers (épidémies qui ont éclaté en 2002 puis 2012, ndlr), montrent qu'il n'y a pas d'immunité à vie", a récemment souligné une experte de l'OMS, Maria van Kerkhove.

Pourquoi certaines personnes peuvent être réinfectées? "Ces cas sont très étudiés pour savoir s'ils n'ont pas un petit facteur différent qui pourrait justifier" leur réinfection, expliquent Frédéric Altare, spécialiste d'immunologie à l'Inserm. Pour cette spécialiste, "cette stratégie est non seulement mortelle pour de nombreuses personnes mais aussi inefficace".

Le fait que des réinfections soient possibles pourrait enfin "vouloir dire qu'un vaccin ne serait pas totalement protecteur" a prudemment commenté le Pr Brendan Wren (London School of Hygiene & Tropical Medicine), cité par l'organisme britannique Science Media Centre (SMC). Autant de patients qui pensent maintenant être débarrassés du virus.

" On ne connaît pas les implications sur l'évolution de la pandémie, ni sur la capacité à développer un vaccin efficace ", reconnaît pour sa part l'Alliance pour les vaccins (Gavi). "Il se pourrait donc qu'on ait besoin de répéter la vaccination tout le temps", poursuit-elle, en se risquant à une prédiction: ce coronavirus "restera avec nous jusqu'à la fin de l'humanité".

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