Des sanctions de l’UE contre Alexandre Loukachenko arrêtées — Biélorussie

Claudine Rigal
Octobre 14, 2020

Le pouvoir biélorusse est confronté à des manifestations de masse dénonçant les résultats de la présidentielle du 9 août, donnant largement gagnant Alexandre Loukachenko, 66 ans dont 26 à la tête de cette ex-république soviétique nichée entre la Russie et l'Union européenne.

Le ministère de l'Intérieur n'a pas dressé de bilan des arrestations, tandis que l'ONG Viasna avançait que près de 250 personnes avaient été arrêtées dans le pays, l'immense majorité à Minsk.

Celui du dimanche 11 octobre a été violemment réprimé par la police, qui a déployé canons à eau et grenades assourdissantes contre la foule. Cette intervention a été la plus brutale depuis des semaines. Lundi, une autre manifestation de protestation ayant rassemblé des centaines de retraités à Minsk a également été dispersée par les forces de l'ordre, qui ont utilisé du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes, selon la police. "Nous avons été confrontés non seulement à des agressions, mais à des groupes de combattants radicaux, d'anarchistes et de supporters de foot", a-t-il affirmé, tout en estimant que le mouvement de protestation "s'essouffle progressivement". Selon les médias locaux, plusieurs journalistes ont été détenus.

Les images des médias indépendants bélarusses ont montré de nombreuses arrestations violentes par les policiers antiémeutes OMON ou par des hommes en civil armés de matraques, le visage cagoulé.

Avant la réunion, Bogdan Aurescu, le ministre des Affaires étrangères roumain, évoquait le fait que le régime de Loukachenko n'avait pas manifesté "la moindre intention " de changer la situation, ce qui était fort peu apprécié par son pays, qui plaidait donc en faveur de "l'extension de la liste des personnes sanctionnées", sur laquelle le président devait aussi figurer.

Ces sanctions consisteraient en " une interdiction de voyager et un gel des avoirs, à l'encontre des personnes responsables de la fraude à l'élection présidentielle et de la violente répression contre des manifestations pacifiques ", selon le Conseil de l'UE. Elle a également rejeté les résultats de la présidentielle du 9 août. "Nous avons soumis une proposition avec la France et nous en discuterons pour la première fois aujourd'hui et nous nous mettrons d'accord sur la marche à suivre ", a expliqué Heiko Maas, chef de la diplomatie allemande.

Des centaines de manifestants, responsables de mouvements politiques, d'organisations syndicales et de journalistes ont été arrêtés depuis le début du mois d'août et incarcérés pour avoir participé ou organisé la contestation.

La quasi-totalité des figures de l'opposition sont en détention ou en exil à l'étranger et la semaine dernière, les autorités ont annulé les accréditations de l'ensemble des médias étrangers, gênant la couverture des événements. Alexandre Loukachenko accuse parallèlement les Occidentaux d'avoir fomenté la contestation le visant, et dispose du soutien du président russe Vladimir Poutine.

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