Fin de l'embargo international sur les armes — Iran

Claudine Rigal
Октября 19, 2020

"A partir d'aujourd'hui, toutes les restrictions sur les transferts d'armes, activités liées et services financiers à destination et en provenance de la République islamique d'Iran, ainsi que toutes les interdictions concernant l'entrée ou le transit de citoyens et responsables militaires iraniens dans les territoires d'Etats membres des Nations unies, sont toutes automatiquement levées".

Selon les termes de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, l'embargo onusien interdisant notamment la vente d'armes et d'équipements militaires lourds à l'Iran était censé expirer le 18 octobre.

"La doctrine de l'Iran en matière de défense repose sur une forte dépendance envers sa population et ses capacités locales (.) Les armes non-conventionnelles, les armes de destruction massive et une frénésie d'achats n'ont pas leur place dans la doctrine défensive de l'Iran", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué relayé par la presse officielle.

Téhéran a fait savoir qu'il était autonome en matière de défense et n'avait pas besoin de se lancer dans une "frénésie" d'achats d'armes, alors que doit expirer dimanche 18 octobre l'embargo de l'Onu sur les ventes d'armes conventionnelles à l'Iran en dépit de la forte opposition des États-Unis. Le ministère iranien met en lumière dans le document "un grand jour pour la communauté internationale qui, au mépris des efforts du régime américain, a protégé la résolution 2231 du Conseil de sécurité, ainsi que le JCPoA".

Par ailleurs, le ministère fustige le comportement des Etats-Unis - qui avaient plusieurs fois tenté ces derniers mois, sans réussite, de faire prolonger l'embargo par le Conseil de sécurité - et les exhorte à "abandonner leur approche destructrice vis-à-vis de la résolution 2231", rappelant que les demandes américaines avaient été "catégoriquement rejetées" à plusieurs reprises lors des derniers mois et accusant les Etats-Unis de "déstabiliser l'Asie occidentale".

En mai 2018, le président américain Donald Trump a sorti unilatéralement son pays de l'accord sur le nucléaire, affirmant que ce texte n'offre pas des garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique. Dans le cas d'une "violation substantielle de la résolution et des objectifs" du pacte sur le nucléaire, indique le communiqué, "la République islamique d'Iran se réserve le droit de prendre toutes les contre-mesures nécessaires pour garantir ses intérêts nationaux".

"Tous les pays qui souhaitent la paix et la stabilité au Moyen-Orient et soutiennent la lutte contre le terrorisme devraient s'abstenir de participer au commerce des armes avec l'Iran", a-t-il ajouté. Des accusations balayées par l'Iran qui réfute avoir jamais voulu disposer d'un tel arsenal.

Mais vendre des armes à l'Iran violerait toujours les résolutions de l'ONU, selon les États-Unis qui ont menacé de sanctions toute partie effectuant de telles ventes. "L'expiration de "l'embargo sur les armes" contre l'Iran le 18 octobre facilitera sans aucun doute notre interaction avec Téhéran dans ce domaine [la coopération militaire]".

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