Fukushima : le Japon va rejeter à la mer de l'eau contaminée

Claudine Rigal
Octobre 18, 2020

Le ministère des Affaires étrangères a réitéré ce vendredi sa volonté d'accorder la "priorité absolue" à la santé et à la sécurité des citoyens sud-coréens dans un contexte d'éventuel déversement par le Japon d'eaux contaminées de la centrale nucléaire de Fukushima.

"Le gouvernement n'a pas décidé du plan à suivre ou du moment" pour l'annoncer, a toutefois réagi le porte-parole du gouvernement Katsunobu Kato, lors de son point presse régulier. Mais "nous ne pouvons pas reporter une décision [sur cette eau contaminée, ndlr], afin d'éviter que les travaux de démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi soient retardés", a-t-il ajouté. L'eau, actuellement stockée dans un millier de citernes, provient des nappes souterraines, de la pluie ou des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires après le tsunami de mars 2011.

En effet, l'eau est censée être filtrée pour réduire sa concentration en matières radioactives (à l'exception du tritium), mais les filtres ALPS, prévus pour être utilisés, ne peuvent pas retenir certains éléments radioactifs dangereux comme le strontium 90 ou l'iode radioactif.

Le gouvernement devrait valider cette solution d'ici la fin du mois, mais l'opération en elle-même ne devrait pas démarrer avant 2022 au plus tôt, selon plusieurs médias japonais. En raison de la saturation des capacités de stockage sur place, le gouvernement japonais a évalué plusieurs solutions.

Cette option privilégiée au détriment d'autres scénarios, comme l'évaporation dans l'air ou le stockage durable, est très contestée par les pêcheurs et agriculteurs de Fukushima, craignant que cela ne dégrade davantage l'image de leurs produits auprès des consommateurs. Début 2020, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, avait estimé que le rejet en mer "correspondait aux normes en vigueur dans le monde". Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'opérateur Tepco n'a pas non plus commenté les informations rapportées. par les médias locaux. La Corée du Sud voisine, qui interdit toujours l'importation de fruits de mer de la région, a également déjà exprimé des inquiétudes concernant l'impact environnemental du rejet d'eau contaminée dans la mer.

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