Laïcité, école, associations… : les annonces d'Emmanuel Macron pour lutter contre les " séparatismes "

Evrard Martin
Octobre 3, 2020

"J'ai pris une décision sans doute des plus radicales depuis la loi de 1882 (loi Ferry qui rend l'instruction obligatoire, NDLR) ou celle sur la mixité à l'école en 1969", s'est exprimé Emmanuel Macron dans son discours, qui annonçait que "l'instruction à l'école sera obligatoire pour tous en 2021".

Depuis les Mureaux, dans les Yvelines, Emmanuel Macron a livré vendredi matin une allocution longtemps réclamée sur ce qu'il a choisi d'appeler "le séparatisme islamiste".

Constatant que des "dérives" s'étaient installées "lorsque le service public était concédé", par exemple dans des entreprises de transport, Emmanuel Macron a annoncé qu'avec le futur projet de loi contre les séparatismes, "l'obligation de neutralité sera applicable aux agents publics dans le cadre évidemment de leur action, mais surtout elle sera étendue aux salariés des entreprises délégataires, ce qui n'était pas clairement le cas" jusqu'à présent. Un chiffre en augmentation chaque année.

Selon les autorités, 50.000 enfants sont actuellement scolarisés à domicile.

Jean-Pierre Obin émet toutefois une réserve sur la constitutionnalité de cette mesure annoncée par Emmanuel Macron.

Interrogé par un journaliste de La Croix sur la limitation de l'école à domicile, le président de la République a assuré que ces restrictions ne concerneraient pas les enfants atteints de problèmes médicaux, mais qu'elles visaient les familles qui choisissaient cette option pour des raisons religieuses. (.) Des structures très simples: des murs, presque pas de fenêtres; des enfants qui arrivent à 8 heures chaque jour et qui repartent à 15 heures; des femmes en niqab qui les accueillent. Enfin, les écoles hors contrat qui sont "davantage contrôlées grâce à la loi Gatel feront l'objet d'un encadrement encore renforcé", a assuré Emmanuel Macron, insistant sur la nécessité de "procéder à des fermetures administratives quand elles s'imposent". Un tiers seulement d'entre-eux sont confessionnels; le reste se partage entre des écoles dites alternatives (de type Montessori, en forte croissance) et d'autres, laïques, précise Le Monde.

Le président plaide par ailleurs pour "une meilleure compréhension de l'islam" et l'enseignement de l'arabe. Il faut sur ce sujet sortir l'hypocrisie dans laquelle nous sommes: "il y a plus de 60 000 jeunes aujourd'hui qui vont l'apprendre dans des associations, parfois pour le pire", estime Emmanuel Macron.

Le Conseil français du culte musulman, principal interlocuteur des pouvoirs publics en France, assumera la responsabilité de la certification des imams pour mettre fin aux pratiques actuelles, d'ici quatre ans, d'imams détachés, envoyés par la Turquie, le Maroc et l'Algérie dans les mosquées françaises, ainsi que les psalmodieurs envoyés pendant la période du ramadan.

Le chef de l'Etat annonce la création d'un "institut scientifique d'islamologie" et de "postes supplémentaires dans l'enseignement supérieur" pour continuer " le travail (.) en matière de recherche sur la civilisation musulmane, mais aussi sur le Maghreb, le bassin méditerranéen, l'Afrique ".

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL