La négociation post-Brexit dans "une phase très critique" — Union européenne

Claudine Rigal
Octobre 16, 2020

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé mercredi soir qu'il déciderait de poursuivre ou non les difficiles négociations commerciales post-Brexit avec l'UE en fonction "des résultats" d'un sommet européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles.

Le gouvernement britannique n'a pas obtenu que le sommet européen en cours signe un accord sur la future relation euro-britannique bien que cette échéance bruxelloise du 15 octobre ait été fixée par Downing Street.

Boris Johnson va désormais exposer vendredi son approche pour la suite du processus, a dit David Frost.

"L'UE travaille à un accord, mais pas à n'importe quel prix", a affirmé Ursula von der Leyen dans un tweet après cet entretien de 10 minutes en soirée. "Il reste encore beaucoup de travail à accomplir", a-t-elle ajouté, quand Charles Michel a réclamé "des avancées".

Ce n'est pas un hasard d'ailleurs si le secrétaire d'État aux affaires européennes, Clément Beaune, se rendra jeudi matin, juste avant le Conseil, à Port-en-Bessin en Normandie, avec la ministre de la Mer, Annick Girardin, pour rassurer les acteurs de cette industrie.

Visages masqués et soucieux de maintenir leurs distances en raison de la résurgence de l'épidémie due au nouveau coronavirus, les dirigeants des Vingt-Sept sont convenus d'accorder davantage de temps aux négociations mais aussi d'intensifier leurs préparatifs à une rupture désordonnée.

"Cette date évoquée par les Britanniques, elle est très loin de la réalité des négociations", a encore estimé mardi la présidence française.

Le Royaume-Uni et l'UE ont officiellement divorcé le 31 janvier mais sont entrés dans une période de transition, le temps de trouver un terrain d'entente sur leurs futures relations, notamment commerciales.

Les deux parties s'accusent mutuellement de laisser planer le risque d'un "no deal" potentiellement dévastateur pour leurs économies, déjà fragilisées par la pandémie.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a estimé mardi 13 octobre, qu'une absence d'accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur leurs relations futures était une perspective "très crédible " et "vraisemblable aujourd'hui ".

Michel Barnier a cependant déclaré, pour la première fois, que l'UE était ouverte à "un effort raisonnable" sur le sujet, à condition qu'il "préserve les activités de pêche de l'UE".

"Même si les Britanniques sont de redoutables tacticiens, aujourd'hui l'heure n'est plus à la tactique. On a fini de jouer, on arrive à l'échéance", a-t-il poursuivi.

Lors d'une réunion mardi avec les ministres des Affaires européennes de l'UE, le négociateur européen Michel Barnier a souligné qu'en dépit de discussions plus "constructives" qu'auparavant avec Londres, les points de blocage persistaient sur la pêche, les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence - malgré de légers progrès - et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Quand bien même elle ne représente qu'une part négligeable de l'économie des 27 et du Royaume-Uni, elle est jugée prioritaire par une poignée d'Etats membres (France, Belgique, Pays-Bas, Irlande, Danemark), dont les pêcheurs veulent continuer à pouvoir naviguer dans les eaux britanniques. Partagez-le avec vos amis avec les boutons ci-dessous.

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