La négociation post-Brexit sous pression, von der Leyen va parler à Johnson

Claudine Rigal
Octobre 15, 2020

Découvrez les enjeux de cette semaine décisive.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré samedi au président français Emmanuel Macron que Londres explorerait toutes les pistes possibles pour aboutir à un accord commercial après le 1er janvier mais que des progrès devaient être accomplis dans les prochains jours pour régler les différends, notamment sur le dossier de la pêche. Ils devraient aussi inviter le négociateur de l'Union, Michel Barnier, "à intensifier les négociations".

Depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier, les pourparlers entre Londres et Bruxelles pour un accord de libre-échange, qui entrerait en vigueur à la fin de la période de transition s'achevant à la fin de l'année, patinent. Et les deux parties s'accusent mutuellement de laisser planer le risque d'un "no deal" potentiellement dévastateur pour leurs économies.

"Le Premier ministre a demandé que les ministères se mettent en situation de répondre rapidement à toutes les questions posées par les entreprises, les territoires et les particuliers", indique Matignon dans un communiqué. "Même si elle souhaite éviter une absence d'accord, la France se prépare à tous les scénarios, en étroite concertation avec ses partenaires européens et la Commission européenne", ajoute le texte.

L'hypothèse est d'ailleurs jugée "très crédible" et même "vraisemblable" par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

"Ils supposent que plus le processus sera long, plus le Royaume-Uni sera disposé à faire des compromis".

"Nous sommes franchement à un stade très critique (.) sous une extrême pression", a estimé Michael Roth, ministre adjoint allemand chargé des Affaires européennes, appelant le Royaume-Uni à faire "des progrès substantiels" sur les trois sujets de blocage. "Il faut que les conditions soient justes en ce qui concerne la pêche, les conditions de concurrence équitables et les mécanismes de gouvernance".

De son côté, l'Union européenne se dit prête à travailler sur un accord post-Brexit "mais pas à n'importe quel prix", d'après les mots d'Ursula von der Leyen. "Entre le 15 octobre et la mi-novembre, tout doit se jouer", a-t-il prévenu mardi.

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