L'annonce surprise de Trump qui a fait chuter Wall Street — États-Unis

Xavier Trudeau
Octobre 9, 2020

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé Donald Trump de leur avoir "tourné le dos". Et certains secteurs, comme le tourisme et le transport aérien, ont déjà annoncé des licenciements massifs: 19 000 personnes pour la compagnie aérienne American Airlines, 13 000 chez United, ou encore 28 000 dans les parcs d'attraction Disney. En cours de soirée, le locataire de la Maison-Blanche a toutefois semblé faire marche arrière, appelant les parlementaires à s'entendre sur des mesures plus limitées, rapporte ABC News. Il a d'une part exhorté les sénateurs et représentants à la Chambre à "approuver IMMÉDIATEMENT" une aide de 25 milliards de dollars pour les compagnies aériennes ainsi qu'un plan de 135 milliards de dollars pour les petites entreprises. "Dès que j'aurai gagné, nous voterons un grand plan d'aide qui sera centré sur les travailleurs américains et les petites entreprises", a-t-il ajouté. Donald Trump a par ailleurs assuré qu'il entérinerait de suite tout texte de loi restreint prévoyant un chèque de 1.200 dollars pour les ménages américains si les parlementaires lui en envoyaient un. La démocrate Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin avaient repris un rythme quotidien de négociations depuis près d'une semaine.

L'administration Trump et les élus démocrates du Congrès avaient commencé il y a plus de deux mois à négocier de nouvelles aides pour les 12,6 millions de chômeurs américains et pour les foyers aux plus faibles revenus, ainsi que pour les entreprises terrassées par la pandémie. Les mesures du gigantesque plan de soutien de 2.200 milliards de dollars adoptées fin mars, rallongé ensuite de 500 milliards, expirent en effet progressivement.

Une fois encore, le président Trump a montré ses vraies couleurs: faire passer son intérêt avant celui du pays, avec la pleine complicité des membres républicains du Congrès, a fulminé Mme Pelosi mardi dans un communiqué. Le montant total de l'aide, notamment, posait problème, les républicains voulant un premier accord moins important, quitte à revenir à la table des négociations si nécessaire, tandis que les démocrates demandaient un plan de grande ampleur immédiatement. "Nancy Pelosi [la présidente démocrate de la Chambre des représentants] demande 2 400 milliards de dollars [2 045 milliards d'euros] pour renflouer des Etats démocrates mal gérés, à la criminalité élevée, de l'argent qui n'est en aucun cas lié au Covid-19".

L'annonce du président américain intervient alors que le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell a, quelques heures plus tôt, alerté sur les conséquences désastreuses qui menaçaient l'économie américaine sans aide supplémentaire pour les ménages et les entreprises. "Cela pourrait déclencher une dynamique typique de récession, car la faiblesse se nourrit de la faiblesse", a-t-il déclaré. L'administration Trump avait de son côté fait un geste, se disant prête à 1 600 milliards après un montant initial de seulement 1 000 milliards. Ce dernier avait lui-même souligné mardi, avant l'annonce surprise de Donald Trump, l'importance de continuer à apporter des mesures de soutien monétaire et budgétaire à l'économie américaine. Devant la National Association for Business Economics, M. Powell a estimé qu'un soutien insuffisant "conduirait à une faible reprise, créant des difficultés inutiles pour les ménages et les entreprises".

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