Le libéral flamand Alexander De Croo, nouveau Premier ministre belge

Xavier Trudeau
Octobre 2, 2020

Après cinq ans de gouvernement de centre-droit, cette nouvelle coalition marque le retour des socialistes et des écologistes au pouvoir.

Les élections législatives du 26 mai 2019, marquées par une progression des extrêmes et des écologistes, ont accentué le morcellement du paysage politique et rendu encore plus complexe la constitution d'une majorité autour des partis traditionnels.

Selon une source proche des négociations, les écologistes devraient hériter de trois ou quatre portefeuilles ministériels dont ceux du Climat et de la Mobilité.

La Belgique se dote d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau Premier ministre, le libéral flamand de 45 ans Alexander De Croo.

En élisant un dirigeant flamand, le nouveau gouvernement espère équilibrer le fait que sa base parlementaire sera principalement constituée de partis francophones, avec les principaux groupes néerlandophones dans l'opposition. "C'était symboliquement important d'avoir un Premier ministre flamand car ce gouvernement va être attaqué en Flandre, dont les deux plus grands partis (N-VA et Vlaams Belang) sont dans l'opposition", a dit à l'AFP le politologue Dave Sinardet.

Les négociations budgétaires s'enlisaient dernièrement, aboutissant finalement à l'élaboration d'un plan de 3,3 milliards d'euros pour les politiques nouvelles, complétés par 1 milliard d'euros pour les investissements et 1 milliard d'euros pour les mesures temporaires. " Pendant ce temps, le chef des socialistes francophones, Paul Magnette, a tweeté qu'il était en route pour remettre leur rapport au roi et former un gouvernement".

"On a tiré à pile ou face et c'est tombé sur Alexander, et c'est un excellent choix", a lancé M. Magnette en plaisantant au détour d'une réponse à la toute fin de la conférence de presse sur l'issue des négociations. Quant au nouveau Premier ministre, il doit officiellement prendre ses fonctions jeudi matin en prêtant serment devant le roi Philippe. Un accord pour un nouveau gouvernement a enfin été trouvé par toutes les parties.

" Après seize mois d'une crise trop longue qui a profondément abîmé la confiance dans la politique, nous avons un travail énorme à faire pour la regagner ", a aussi dit M. Magnette plus sérieusement.

Après des semaines de discussions, sept partis politiques ont convenu de former une coalition majoritaire pour remplacer l'administration intérimaire de la libérale francophone Sophie Wilmès (MR), qui a dirigé la Belgique pendant les six mois de la crise liée au Covid-19. A la tête d'un attelage de centre-droit soutenu par seulement 38 des 150 députés, Mme Wilmès bénéficiait depuis la mi-mars de pouvoirs spéciaux permettant à son exécutif de gouverner par arrêtés royaux pour affronter la pandémie qui a fait 10.000 morts en Belgique.

Réputée ingouvernable, la Belgique avait connu en 2010-2011 un record de 541 jours sans gouvernement en exercice.

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