Le Nobel d'économie à deux Américains en quête des enchères parfaites

Claudine Rigal
Octobre 14, 2020

"Moi-même, je n'ai jamais participé à une vente aux enchères".

"Ces nouveaux formats d'enchères sont un magnifique exemple de la manière dont des recherches fondamentales peuvent produire des inventions qui bénéficient à la société", ajoute-t-elle dans un communiqué. Paul Milgrom, 72 ans et son compatriote Robert Wilson, 83 ans, ont conceptualisé une théorie sur l'optimisation des ventes aux enchères, notamment utilisée dans l'attribution des fréquences télécom, comme la 5G.

" Quand les gens pensent aux enchères, ils pensent à la salle des ventes de Drouot, mais aujourd'hui Google fait des enchères, et tous les appels d'offres publics sont des enchères inversées, suivant le principe d'une mise en concurrence au meilleur disant", souligne David Ettinger, professeur à l'université Paris Dauphine et lui-même expert du sujet.

Inégalités, psychologie économique, santé ou marché du travail. Ils ont été récompensés ce lundi du prix Nobel d'économie pour en avoir "amélioré la théorie et inventé de nouveaux formats", a indiqué le jury de l'Académie royale des sciences de Suède.

Paul Milgrom a été réveillé par son voisin Bob Wilson. Un cru très féminin cette année avec quatre lauréates couronnées en sciences et en littérature.

Paul R. Milgrom et Robert B. Wilson succèdent à la Franco-Américaine Esther Duflo et à son mari Abhijit Banerjee et à l'Américain Michael Kremer récompensés l'an dernier pour leur approche expérimentale de la lutte contre la pauvreté.

Ces 20 dernières années, les trois quarts d'entre eux correspondaient à cette description. L'âge moyen des lauréats dépasse aussi les 65 ans, le plus élevé parmi les six prix décernés.

L'économie vient clore une saison Nobel marquée vendredi par le prix de la paix du Programme alimentaire mondial, organe onusien de lutte contre la faim. Outre l'Américaine Andrea Ghez, colauréate en physique mardi, deux femmes sont entrées dans l'histoire des Nobel pour leur découverte des "ciseaux génétiques": la Française Emmanuelle Charpentier et l'Américaine Jennifer Doudna sont devenues le premier duo 100% féminin à remporter un Nobel scientifique.

Les lauréats, qui se partagent près d'un million d'euros pour chaque discipline, recevront cette année leur prix dans leur pays de résidence, pour cause de coronavirus.

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