Les élèves et parents sous le choc — Professeur décapité

Claudine Rigal
Octobre 19, 2020

Après la décapitation du professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, les enquêteurs ont interpellé 10 personnes. Les policiers ripostent, l'agresseur est atteint de "9 impacts". Sur son cadavre sont découverts un poignard ainsi qu'une arme utilisée en Airsoft, et 5 cartouches de gaz. Par ailleurs, "un second couteau d'une longueur totale de 35 centimètres, ensanglanté, était découvert à une trentaine de mètres du lieu du crime", a indiqué Jean-François Ricard.

L'individu a rôdé dans l'après-midi devant le collège du Bois d'Aulne, en "demandant aux élèves des éléments lui permettant d'identifier le professeur ". Certains parents s'en étaient émus, notamment sur les réseaux sociaux. Le professeur avait en retour porté plainte pour diffamation.

Après quoi une autre vidéo est tournée par cette même "tierce personne ", en l'occurrence le prédicateur Adbelhakim Sefrioui, membre du conseil d'administration du Conseil des Imams de France, un groupuscule islamique, connu des services de renseignement.

"Apparemment, c'était un prof qui avait l'habitude de leur parler de l'islam, de caricatures et tout ça, ce n'était pas la première fois que mon fils rentrait et qu'il disait + le prof nous a parlé de cela aujourd'hui", a raconté à l'AFP un parent d'élève.

Le procureur a confirmé que l'individu neutralisé Abdoulakh A., est né à Moscou en 2002 et est russe d'origine tchétchène. Connu pour des antécédents de droit commun, il n'a jamais été condamné. En France, " était porteur d'un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu'en mars 2030 ", et " il bénéficiait du statut de réfugié ", a indiqué Jean-François Ricard. Il avait le statut de réfugié et habitait à Evreux en Normandie.

"Un message adressé à Emmanuel Macron, " le dirigeant des infidèles ", expliquant vouloir se venger de celui " qui a osé rabaisser Mouhammad " et la photo de sa victime décapitée ont été retrouvées stockées dans son téléphone.

Ses parents, son grand-père et son petit frère ont été interpellés à Évreux (Eure) dans la nuit de vendredi à samedi.

Mais après le débat qui s'était tenu au sujet de la liberté d'expression dans l'enceinte de la classe, le père de l'une des élèves publiait sur son compte Facebook un appel à la mobilisation contre l'enseignant "en vue de son exclusion". "Et parlait avec beaucoup de joie", dit la jeune fille, munie d'une gerbe de fleurs blanches qu'elle est allée déposer devant les portes de l'établissement, où se trouvait d'autres bouquets ainsi que des pancartes à l'effigie: "Je suis Samuel" ou "Je suis enseignant".

Aîné d'une fratrie de six, Abdoullakh A. était inconnu des services de renseignement.

Cette attaque survient trois semaines jour pour jour après l'attentat au hachoir perpétré par un jeune Pakistanais devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, qui a exprimé sur Twitter "son sentiment d'horreur et de révolte". Et dans un contexte "de très haut niveau de la menace terroriste", a ajouté M. Ricard.

Parmi les neufs personnes placées en garde à vue à la suite de la décapitation du professeur Samuel Paty figurent un militant islamiste très actif, qui avait dénoncé l'enseignant dans une vidéo postée il y a quelques jours. Une enquête est ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

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