L'OMS déconseille aux dirigeants de recourir, de nouveau, au confinement — Coronavirus

Claudine Rigal
Octobre 15, 2020

Bien qu'il n'y ait pas eu de communication officielle à ce propos par l'organisation mondiale, le docteur David Nabarro, envoyé britannique à l'OMS, souhaite que les dirigeants du monde cessent de "recourir au confinement comme méthode de contrôle principale" de l'épidémie.

Cette semaine, le président Trump a exagéré une position prise par l'Organisation mondiale de la santé, affirmant que l'agence avait justifié sa dérision des verrouillages pendant la pandémie de coronavirus.

"Nous, à l'Organisation mondiale de la santé [OMS], ne préconisons pas le confinement comme la principale manière de contrôler ce virus", a-t-il déclaré samedi dans une entrevue avec le journaliste Andrew Neil, du magazine anglais The Spectator. "Le confinement a des conséquences que vous ne devez jamais minimiser, celle de rendre les gens pauvres, beaucoup plus pauvres".

L'unique raison de confiner devrait être, selon David Nabarro, "de gagner du temps pour réorganiser, regrouper, rééquilibrer (ses) ressources, protéger la santé de (ses) professionnels de santé qui sont épuisés, mais nous préférons ne pas le faire".

Au mois de mai, la DMaria Van Kerkhove, responsable technique de la cellule chargée de la gestion de la pandémie à l'OMS, avait invité les gouvernements à travers le monde à ne pas penser le confinement comme une "recette magique", en soulignant qu'il fallait en faire un usage plus précis et stratégique, sans l'imposer à grandeur, mais localement. Regardez ce qu'il advient des niveaux de pauvreté. Il a alerté quant à un possible "doublement de la pauvreté dans le monde d'ici à l'année prochaine" ainsi qu'un doublement de la malnutrition infantile.

" les politiques actuelles de confinement produisent des effets dévastateurs sur la santé publique à court et à long terme "Le Dr Nabarro n'est pas le seul scientifique à s'opposer au confinement". Ce texte, intitulé Déclaration de Great Harrington, a pour l'heure récolté 12 000 signatures. Il défend que le confinement cause des "dégâts irréparables".

Parmi les premiers signataires figurent le Dr Martin Kulldorff, professeur de médecine à l'université de Harvard, biostatisticien et épidémiologiste spécialisé dans la détection et la surveillance des épidémies de maladies infectieuses et dans l'évaluation de la sécurité des vaccins; le Dr Sunetra Gupta, professeur à l'université d'Oxford, épidémiologiste spécialisée dans l'immunologie, le développement de vaccins et la modélisation mathématique des maladies infectieuses et le Dr Jay Bhattacharya, professeur de l'université de Stanford, médecin, épidémiologiste, économiste de la santé et expert en politique de santé publique, spécialisé dans les maladies infectieuses et les populations vulnérables.

Les auteurs du document ajoutent enfin que "les politiques actuelles de confinement produisent des effets désastreux sur la santé publique à court, moyen et long terme: une baisse des taux de vaccination chez les enfants, une aggravation des cas de maladies cardio-vasculaires, une baisse des examens pour de possibles cancers ou encore une détérioration de la santé mentale en général".

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