Premier grand meeting de l'opposition unie à Abidjan — Présidentielle ivoirienne

Claudine Rigal
Octobre 13, 2020

Des leaders de l'opposition ivoirienne dont l'ex-président, Henri Konan Bédié, avaient annoncé ces manifestations contre la candidature de Ouattara à un troisième mandat.

Proche de l'actuel chef de l'Etat ivoirien durant 26 ans, M. Amon-Tanoh a témoigné que M. Ouattara "lui-même nous a dit en 2016 au moment du vote de cette Constitution, qu'elle ne l'autorisait pas à se présenter à un troisième mandat".

Il y avait aussi les "frères ennemis" du Front populaire ivoirien (FPI) fondé par Laurent Gbagbo. Au cours d'un grand meeting de l'opposition tenue ce samedi 10 octobre 2020, il a de manière solennelle demandé au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, " de se saisir du dossier ivoirien pour la mise en place d'un organe electoral véritablement indépendant et crédible avant l'élection présidentielle prévue le 31 octobre ".

Une affiche de l'ancien président Henri Konan Bédié au stade d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 10 octobre 2020. "Le mot d'ordre, c'est la désobéissance civile".

Au Plateau, le centre des Affaires d'Abidjan, abritant le stade et ailleurs, "des gens ont empêché" les populations qui se sont en dépit de cela rassemblées, a déclaré M. Bédié, président de la plateforme de l'opposition dénommée Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (Cdrp).

Un contre-meeting du parti au pouvoir qui devait se tenir le même jour dans la capitale économique ivoirienne a finalement été annulé.

La position de ses leaders sur la tenue ou non du scrutin présidentiel le 31 octobre ne semble pas non plus unanime: un boycott avait été évoqué par certains, mais Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan maintiennent leur candidature.

Alors que l'opposition a réalisé son premier grand meeting, le président Ouattara enchaîne depuis plusieurs semaines les visites dans différentes régions du pays, multipliant les inaugurations d'infrastructures.

Samedi, il poursuivait une tournée dans le Nord-Ouest, son fief. Comme une campagne avant l'heure, puisque l'ouverture de la campagne électorale officielle est fixée au 15 octobre.

La crainte de violences électorales est forte en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise poste électorale de 2010-2011 qui avait fait 3 000 morts, après le refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara.

Une quinzaine de personnes sont mortes en août dans des violences survenues dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Ouattara.

Le vice-président Koné Boubacar note en effet avec satisfaction, la participation des milliers de partisans et sympathisants du parti leader de la gauche ivoirienne mais relève toutefois de basses manœuvres orchestrées, selon lui, par le régime RHDP, dans l'objectif d'empêcher la "pleine réussite " de ladite manifestation.

Quant à Mamadou Koulibaly, un autre candidat recalé, il a montré que M. Ouattara a pour art "de diviser pour régner", avant d'ajouter "il nous a éjecté sans explication" de la course à la présidentielle, en allusion à la décision du Conseil constitutionnel.

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