Premier round de pourparlers inédits sur la frontière maritime

Claudine Rigal
Octobre 17, 2020

Mais l'essentiel, notamment pour l'Administration Trump, grand médiateur dans ces pourparlers, pourrait être ailleurs.

Les discussions de mercredi ont lieu alors que le Liban traverse sa pire crise économique et financière depuis des décennies, aggravée par une explosion meurtrière dans le port de Beyrouth en août. Selon l'ONU, des pourparlers sur les frontières terrestres seront menés séparément dans le cadre de ces rencontres. Fin août 2015, le groupe italien ENI a annoncé avoir trouvé un immense champ de gaz naturel dans les eaux territoriales égyptiennes. Mais une partie d'un des blocs, le numéro 9, déborde sur une zone de 860 kilomètres-carrés que le Liban et Israël se disputent.

"Nous n'avons aucune illusion".

"Notre objectif n'est pas de créer une quelconque normalisation ou processus de paix", a indiqué cette source.

Israël a déclaré qu'il y aurait des "négociations directes", ce que les responsables libanais ont nié.

On ne sait pas combien de temps dureront les pourparlers, mais le Liban a commencé le forage en mer plus tôt cette année et espère commencer à forer du gaz dans la zone contestée dans les mois à venir.

La médiation a été assurée par le secrétaire d'Etat adjoint américain pour le Moyen-Orient David Schenker qui présidait la réunion. Le diplomate John Desrocher prendra ensuite la relève.

Les pourparlers interviennent des semaines après que Bahreïn et les Émirats arabes unis soient devenus les premiers pays arabes à établir des relations avec Israël depuis que l'Égypte l'a fait en 1979 et la Jordanie en 1994.

Le Liban et Israël ont entamé ce mercredi des négociations historiques sous l'égide de Washington et de l'ONU pour délimiter leur frontière maritime, dans l'optique de lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures.

.

Les délégations étaient représentés pour le Liban de deux militaires et deux civils (le général de brigade Bassam Yassin de l'armée de l'air, le colonel de marine Mazen Basbous, le responsable libanais du pétrole Wissam Chbat et l'expert en matière de frontières Najib Massihi spécialiste du droit de la mer) et d'Israël par six membres, dont le directeur général du ministère de l'Energie, un conseiller diplomatique du Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de la direction des Affaires stratégiques de l'armée.

Une guerre dévastatrice avait opposé le Hezbollah et Israël en 2006, faisant plus de 1200 morts au Liban, surtout des civils, et 160 côté israélien, essentiellement des militaires.

Le président libanais Michel Aoun a souligné vendredi la volonté du Liban de parvenir à des solutions équitables pour la démarcation de la frontière maritime avec Israël, selon un communiqué de la présidence libanaise.

Depuis, des réunions tripartites routinières sont organisées par la Finul avec des responsables militaires.

Le 2 janvier dernier, la Grèce, Chypre et Israël ont signé à Athènes un accord sur le projet de réalisation du gazoduc EastMed.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL