Prof d'histoire décapité: ce que l'on sait de l'enquête

Pierre Vaugeois
Octobre 19, 2020

Jean-François Ricard, procureur national antiterroriste, a dévoilé lors d'une conférence de presse au Tribunal de Paris, ce 17 octobre, les premiers éléments de l'enquête ciblant l'attentat macabre qui s'est déroulé la veille, dans une ville tranquille des Yvelines.

Son présumé assassin a été tué par la police un peu plus tard, à quelques mètres, dans la ville d'Eragny (Val-d'Oise).

En arrivant, les policiers tentent d'interpeller un homme qui tire en leur direction "à cinq reprises" avec "une arme de poing", a poursuivi M. Ricard. Les trois policiers ripostent, provoquant la chute de l'assaillant. "Quand il tente de se relever et de donner des coups de couteaux, il était neutralisé par les forces de l'ordre", poursuit le magistrat.

Son corps comporte 9 impacts de balles. Il était armé de deux couteaux, dont l'un de 35 cm de long utilisé pour décapiter la victime.

"Né le 12 mars 2002 à Moscou en Russie", il bénéficiait du statut de réfugié. Habitant à Evreux, dans l'Eure, il avait un titre de séjour délivré le 4 mars 2020 et valable dix ans. Le père de famille était connu pour son investissement auprès de ses élèves. "Il était à fond dans son métier", qu'il "aimait beaucoup", confie à l'AFP Martial, aujourd'hui lycéen, qui a accouru vendredi soir devant le collège avec des amis dès qu'il a appris la nouvelle.

Après la décapitation du professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, les enquêteurs ont interpellé 10 personnes. Il avait été décapité. Ils ont découvert aussi la photo de la tête de la victime envoyée à 16H57 sur Twitter. Selon le procureur, le père de famille avait, à cette occasion, mentionné le numéro de téléphone de l'enseignant.

Contre l'horreur, la mobilisation: d'importantes manifestations sont attendues dimanche partout en France en hommage au professeur Samuel Paty, décapité vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, un attentat qui a suscité une énorme émotion et pour lequel onze personnes ont été placées en garde à vue. Le 8 octobre au matin, ce même homme se présentait devant ce collège francilien, en compagnie d'une tierce personne. Les deux hommes avaient entamé une campagne de mobilisation pour dénoncer la façon d'agir du professeur et appelé à son renvoi du collège. Dans la foulée, l'individu se présentait au commissariat de police de Conflans-Sainte-Honorine, accompagné de sa fille, afin de déposer plainte pour diffusion d'images pornographiques.

Un professeur d'histoire-géographie, qui avait montré début octobre des caricatures de Mahomet à ses élèves, a été décapité vendredi à proximité du collège où il enseignait par un Russe tchétchène de 18 ans, Abdoullakh A., qui a ensuite été abattu par les policiers. Il aurait toutefois suggéré, à l'égard de ceux qui pourraient se sentir heurtés, de ne pas regarder. "C'était au programme pour l'EMC [enseignement moral et civique], c'était pour parler de la liberté par rapport à l'attentat de Charlie Hebdo, il montrait ces images, les caricatures", affirme la jeune fille.

Après quoi une autre vidéo est tournée par cette même "tierce personne ", en l'occurrence le prédicateur Adbelhakim Sefrioui, membre du conseil d'administration du Conseil des Imams de France, un groupuscule islamique, connu des services de renseignement. Il demandait également son exclusion.

La principale du collège faisait elle état d'appels menaçants reçus à la suite de la vidéo mise en ligne par le parent d'élève.

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