Attaque du Thalys : le procès d'un carnage évité s'ouvre lundi à Paris

Claudine Rigal
Novembre 16, 2020

Alors que le procès des attentats de janvier 2015 se poursuit, c'est celui d'une attaque ratée qui s'ouvre lundi 16 novembre à Paris: l'attentat avorté du train Thalys Amsterdam-Paris, le 21 août 2015. À l'été, il avait pris la route vers l'Europe depuis la Turquie avec son commanditaire, venu piloter depuis la Belgique la cellule djihadiste qui préparait aussi les attentats du 13-Novembre à Paris: Abdelhamid Abaaoud. Debout dans le box, le tireur du Thalys, Ayoub El Khazzani, Marocain aujourd'hui âgé de 31 ans, est vêtu d'une chemise en jean bleu ciel, ses cheveux noirs retenus dans un petit chignon. Mais dès qu'il sort des toilettes où il s'est préparé, un premier passager tente de l'immobiliser, puis un deuxième agrippe sa kalachnikov.

Le Marocain sort alors un pistolet de sa ceinture, lui tire dans le dos et récupère son fusil d'assaut. Alertés par le bruit, des militaires américains en vacances assis dans le wagon voisin interviennent, se jettent sur le tireur et parviennent à le désarmer. Ils se jettent sur lui, le désarment et le maîtrisent avec l'aide d'autres passagers.

Pour l'accusation, il est clair qu'un massacre a été évité car la tentative d'el-Khazzani fait partie, selon les enqueteurs, d'une série d'attentats pilotés par Abelhamid Abaaoud : l'attaque avortée contre une église perpétrée en avril 2015 par Sid-Ahmed Ghlam, récemment condamné à la perpétuité, celle du Thalys donc, puis celles du 13 novembre à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles. Il leur avait assuré qu'Abdelhamid Abaaoud, tué par la police peu après le 13-Novembre, lui avait demandé de ne viser que les Américains, pas les civils. L'audience devant la cour d'assises spéciale a débuté à 10H30, avec un long rappel du président des consignes sanitaires, afin que "ce Covid ne perturbe pas le déroulement des débats".

Les trois hommes avaient joué leur propre rôle dans un film réalisé par Clint Eastwood sur l'attaque en 2018. Le réalisateur américain de 90 ans devrait être entendu comme témoin par visioconférence. Le procès se tiendra jusqu'au 17 décembre.

Tous deux nient avoir aidé Abaaoud et El Khazzani à arriver en Europe.

Il s'ouvre dans un contexte de forte menace terroriste après une succession de trois attentats en un mois, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, à Conflans-Saint-Honorine et à Nice.

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