Boris Johnson se met à l'isolement — Covid

Claudine Rigal
Novembre 16, 2020

Dominic Cummings, influent et controversé conseiller spécial du Premier ministre Boris Johnson et architecte de la campagne pour le Brexit, a indiqué qu'il quitterait son poste d'ici à la fin de l'année. Un contretemps qui intervient au pire moment, alors que deux de ses plus proches conseillers ont démissionné coup sur coup en fin de semaine dernière et qu'il s'apprêtait à donner, cette semaine, une nouvelle impulsion à son mandat à Downing Street.

Des luttes intestines à Downing Street ont déjà conduit Lee Cain à démissionner mercredi, des députés conservateurs s'étant opposé à sa nomination comme directeur de cabinet, selon la presse. Il a été l'un des artisans de la victoire du Brexit en 2016 et de celle de Boris Johnson lors des législatives de 2019.

A couteaux tirés avec les fonctionnaires, en raison de son désir de refaçonner la fonction publique, il est soupçonné d'avoir été à l'origine d'une série de licenciements d'assistants ministériels, accusés de ne pas défendre avec assez de vigueur la cause du Brexit. "Il nous manquera, mais nous évoluons vers une phase différente", le Brexit et le déploiement de tests massifs durant la pandémie, que Dominic Cummings a contribué à mettre en place, touchant au but". "Dans tous les gouvernements, il faut des gens qui secouent les choses et proposent des idées, c'est ce qu'il a été", a-t-il ajouté.

Boris Johnson avait rencontré jeudi matin à Downing Street un petit groupe de députés, parmi lesquels Lee Ashfield qui, par la suite, a développé des symptômes et a été diagnostiqué positif.

Ces bouleversements au cœur du pouvoir interviennent alors que le Royaume-Uni et l'Union européenne ont entamé un sprint final de négociations pour tenter d'aboutir à un accord commercial avant la fin de la période de transition post-Brexit, le 31 décembre.

Certains y voient aussi une tentative de modérer sa ligne après l'élection du nouveau président américain Joe Biden, pro-Européen.

Dans l'opposition travailliste, le député David Lammy estime sur Twitter que Dominic Cummings aura eu "l'une des influences les plus néfastes de l'histoire moderne sur le gouvernement britannique", laissant derrière lui une culture d'"intimidation, de tromperie, d'hypocrisie et d'orgueil démesuré". Mais au mois de mai les déplacements en plein confinement de Dominic Cummings, malade du Covid-19, avaient provoqué un énorme scandale. Cette affaire avait embarrassé le dirigeant conservateur, déjà en proie à de vives critiques sur sa gestion de la crise sanitaire.

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