Bridgestone abandonne le site de Béthune et ses 863 emplois

Xavier Trudeau
Novembre 15, 2020

La ministre déléguée en charge de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé jeudi 12 novembre 2020, que la direction du groupe de pneumatique Bridgestone avait définitivement "fermé la porte " au plan de sauvetage. Les pouvoirs publics veulent toutefois trouver une autre solution, sans le manufacturier. " Des mesures sociales d'accompagnement telles que les départs en préretraite, l'aide à la création d'entreprises ou l'aide à la recherche d'emploi " ont également été mises en place et "200 salariés " se seraient déjà manifestés selon Bridgestone.

Dans un communiqué, le manufacturier a immédiatement assuré avoir identifié "dix opportunités dont quatre projets déjà bien définis" dans la recherche d'un repreneur, se disant prêt à "céder le cas échéant le site à un concurrent".

Ce scénario prévoyait que l'usine produise à l'horizon 2025 des pneus de qualité supérieure à ceux de petit calibre actuellement manufacturés.

La ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier Runacher, le président des Hauts-de France Xavier Bertrand et le maire de Béthune Olivier Gacquerre lors d'une réunion consacrée à l'usine Bridgestone au ministère de
Douche froide pour les salariés de Bridgestone à Béthune

Clap de fin pour Bridgestone à Béthune. Mais nous nous serons là aux côtés des salariés pour trouver les meilleurs solutions possibles (.) pour travailler sur des scénarios de reprise (.) pour faire en sorte que le plan social qui est aujourd'hui proposé soit amélioré.

"Dans un communiqué, le groupe japonais affirme avoir " attentivement étudié " la proposition du gouvernement, mais ne la juge pas " réaliste", ne réglant pas son " problème de surcapacité " en Europe. "À moins de vingt minutes de Béthune va se construire une gigafactory de batteries électriques, rappelle la ministre de l'industrie, qui emploiera 2 400 personnes". Elle aurait impliqué de réinvestir dans l'usine en vue d'y produire des pneus de plus grande taille, et plus haut de gamme. "On va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a réagi l'avocat de l'intersyndicale, M Stéphane Ducrocq, " déçu et en colère " de l'attitude de la direction. Bridgestone nous dit: "On est même prêt à ce qu'un concurrent vienne s'installer à notre place". L'Etat et les collectivités restent prêts à mettre leur part "pour des projets de repreneurs sérieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le même ratio d'un euro d'argent public pour un euro d'argent privé, a-t-il précisé. Jeudi, le président (ex-LR) du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a ainsi acté que " l'avenir du site de Béthune s'écrira sans [Bridgestone], mais ils doivent maintenant mettre le maximum pour les salariés et pour retrouver de l'activité sur le site ". "Dès le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé.

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