Carrefour : le recours au chômage partiel scandalise les syndicats

Xavier Trudeau
Novembre 16, 2020

Après les louanges pour avoir été en première ligne lors du confinement au printemps dernier, les employés des hypermarchés Carrefour ont été surpris d'apprendre la mise en place de l'activité partielle à partir de ce jeudi. Les salariés des sièges sont aussi concernés, avec deux jours de chômage partiel par semaine.

Philippe Allard, délégué CGT Carrefour, est scandalisé. "On a le sentiment d'une opération coordonnée de la grande distribution un peu en mode revanchard après l'affaire des rayons dits 'non essentiels que nous avons dû fermer", déplore ainsi Franck Gaulin, délégué CGT des hypermarchés Carrefour, qui y voit quelques arrière-pensées. "C'est un véritable scandale".

Pour Olivier Guivarch, syndicaliste CFDT, " à ce stade, ça nous paraît démesuré parce que nous n'avons pas de chiffres sur la baisse de fréquentation ou les bénéfices. Donc oui, c'est prématuré de faire appel à l'argent public pour baisser le coût du travail.

De son côté, la direction de Carrefour assure que la mesure est justifiée par la situation, mais n'a pas communiqué de chiffres sur la fréquentation des magasins ou sur son chiffre d'affaires.

Les salariés en chômage partiel ne subiront pas de perte de salaire. Dans le groupe Casino, ce sont les magasins Monoprix et les hypers Géant qui sont concernés avec un taux de chômage partiel qui varie selon les magasins.

"Pour moi, c'est une décision politique qui a été prise par l'entreprise en lien avec les acteurs de la grande distribution".

Car Carrefour n'est pas la seule enseigne à recourir au chômage partiel. Avec ou sans compensation de salaire, selon les cas.

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