Début du procès de Jonathann Daval en cour d'assises — Affaire Daval

Claudine Rigal
Novembre 16, 2020

Jonathann Daval est jugé pour le meurtre de sa femme en 2017. Pour Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, trois années se sont écoulées depuis la mort de leur fille et depuis l'instant où ils ont appris que son meurtrier n'était autre que leur gendre. Les rebondissements et les accusations portés contre la famille par le suspect seront d'autant plus difficile à vivre. Au moment des aveux, on croit que cette proximité va voler en éclat, mais ce n'est pas tout à fait le cas. "On croyait qu'ils étaient faits l'un pour l'autre et qu'ils allaient faire leur vie ensemble", souffle Isabelle Fouillot, en larmes.

Le procès Daval s'est ouvert ce lundi matin devant la cour d'assises de la Haute-Saône, à Vesoul.

"Dans une interview à BFMTV lundi matin, Me Gilles-Jean Portejoie, avocat des parents d'Alexia, avait pointé les " nombreuses zones d'ombre de ce dossier", évoquant " l'éventuelle préméditation " et " l'éventuelle complicité", pourtant écartées par l'instruction.

L'affaire, survenue à l'automne 2017, avait profondément marqué les esprits alors que l'ampleur des violences faites aux femmes éclatait au grand jour avec la vague #MeeToo.

Le corps d'Alexia Fouillot avait été retrouvée en partie calciné dans un bois situé non loin du domicile conjugal.

C'est le mari, Jonathann, qui avait signalé deux jours plus tôt la disparition de son épouse lors d'un jogging.

Avant d'interroger l'accusé, Matthieu Husson avait procédé au rappel des faits et notamment les multiples revirements de Jonathann Daval au cours des deux ans d'instruction: niant d'abord les faits, il les avait ensuite partiellement reconnus, pour ensuite se rétracter et accuser son beau-frère, puis reconnaître de nouveau le meurtre lors d'une audition bouleversante devant le juge d'instruction. En juin 2019, il avouera même lors de la reconstitution avoir incendié la dépouille de sa femme, ce qu'il niait jusqu'alors.

Le soir du meurtre, Jonathann affirme avoir refusé un rapport sexuel à sa femme qui, en retour, se serait montrée violente, lui reprochant de "ne pas être un homme".

L'image d'une Alexia dominatrice révulse les parents de la victime, qui redoutent que "la défense et Jonathann tapent sur elle" au procès.

Le procès doit s'achever vendredi.

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