Démission du président par intérim Manuel Merino — Pérou

Claudine Rigal
Novembre 17, 2020

Lâché par l'ensemble de la classe politique face aux manifestations, il a annoncé sa démission lors d'une allocution télévisée aussitôt suivie de scènes de liesse dans les rues de la capitale.

Dans la foulée, les députés échouaient à élire dans la nuit une candidate de gauche, supposée consensuelle, Rocio Silva Santisteban. "Cependant, ils ont tourné le dos au pays", a fulminé Mariana Antonieta Alva, l'ex ministre de l'Economie de M. Vizcarra, qualifiant les élus d'"irresponsables" dans un tweet.

Le maire de Lima, Jorge Muñoz, qui appartient au même parti Action Populaire que M. Merino, a lui aussi exigé sa démission, tout comme le chef du Parlement.

Après les violences, 11 des 18 ministres du cabinet présidentiel, qui avaient prêté serment jeudi, ont annoncé leur démission.

Le président du Pérou par intérim, Manuel Merino, a annoncé sa démission, dimanche 15 novembre, cinq jours après son entrée en fonction qui a suscité de violentes manifestations.

En l'absence de vice-président, dont le poste est vacant, M. Merino, alors président du parlement, avait finalement accédé à la présidence lundi après l'aboutissement d'une seconde procédure de destitution, fondée sur des accusations de corruption que M. Vizcarra a "catégoriquement" niées. M. Vizcarra, loué par la population pour sa lutte contre la corruption et son intransigeance à l'égard du Parlement, a estimé dimanche que la démission de M. Merino était un pas vers le rétablissement des institutions démocratiques. "Merino s'est écarté, il brisait notre démocratie", a-t-il déclaré.

Il a demandé à la Cour constitutionnelle de se prononcer le plus rapidement possible sur sa destitution. "Faites-nous confiance, nous agirons comme nous le disons", a déclaré devant le Parlement M. Sagasti qui prendra officiellement ses fonctions mardi à la tête du pays.

Le Pérou n'a plus de vice-président depuis une précédente crise politique il y a un an.

Des milliers d'entre eux, pour la plupart des jeunes de moins de 25 ans, sont de nouveau descendus dans la rue samedi, dans différentes villes du pays, pour exiger la démission de M. Merino et rejeter ce qu'ils considèrent comme un coup d'État parlementaire. Certains manifestants ont jeté des pierres et tiré des mortiers d'artifices en direction des forces de police qui ont fait usage de gaz lacrymogènes. Parmi eux, des pancartes proclamaient: "Merino, tu n'es pas mon président", "Merino imposteur", "Le Pérou s'est réveillé". Selon le ministère de la Santé, au moins 63 manifestants ont en outre été blessés. Un troisième décès, annoncé par l'archevêque de Lima, Carlos Castillo, qui a condamné la répression policière, n'a pas été confirmé.

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