"Dans le passé, on n'a pas accepté ces blocages" — Union européenne

Claudine Rigal
Novembre 19, 2020

Reste que ces avancées, bien faibles, n'empêche pas l'Union européenne d'être de nouveau engagée dans un bras de fer avec Budapest et Varsovie, deux capitales avec qui les contentieux sont déjà nombreux, les deux États étant régulièrement accusés de ne pas respecter la séparation des pouvoirs. C'est long, surtout quand l'activité économique continue de se dégrader.

Face à cette situation, les Vingt-Sept attendent avec impatience le déblocage des fonds européens pour sauver le maximum d'emplois et d'entreprises.

La réunion, qui réunit à partir de 18 heures les chefs d'Etat et de gouvernement européens, devait être principalement consacrée à la gestion de l'épidémie de Covid-19, avec l'objectif de se coordonner "pour éviter une troisième vague" début 2021.

L'exaspération générale est perceptible: "Quand vous voyez les positions de la Pologne et de la Hongrie sur les migrations, le climat, l'Etat de droit, le budget, ça fait pas mal de sujets où ils ont des difficultés". " Au titre du seul plan de relance, la Hongrie doit toucher près de 7 milliards d'euros de subventions, tandis que la Pologne doit pouvoir compter sur presque 25 milliards", notent en effet Les Echos Recevant plus d'argent qu'ils n'en versent à l'Union européenne, ils n'ont pas intérêt à " étrangler leurs propres électeurs ", note Ouest-France. "Ce n'est pas à nous de présenter des propositions", a déclaré un haut diplomate de l'UE.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a dans sa ligne de mire les élections du printemps 2022, veut s'assurer qu'aucune sanction ne pourra être prise d'ici là: il cherche à rendre le mécanisme inopérant et réclame une possibilité d'appel en cas de sanction, fustigeant le "chantage" d'une Union européenne "pro-immigration". Sans compter qu'en s'opposant au budget pluriannuel, la Pologne et la Hongrie menacent également " le virage vert de l'Europe, la réforme de sa politique agricole commune, les échanges Erasmus... Une façon de montrer qu'il n'y a pas un acharnement sur une poignée d'Etats.

Pour Varsovie et plus encore pour Budapest, " le point de blocage se niche dans le mécanisme sur 'l'état de droit', dont l'UE entendait se doter pour la première fois", explique Le Point.

Aucune option n'est idéale, commentent les diplomates, car il faudrait du temps pour les mettre en place, ce dont l'UE ne dispose pas. "Validons ce plan de relance", a-t-il lancé.

"Si on fait une solution intergouvernementale qui donne le même montant mais dans six mois, et qu'entre-temps, on a pu prêter le montant qu'ils auraient reçu (.), in fine, ça ne change pas énormément les choses", a commenté un responsable français.

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