L’OMS s’oppose à l’utilisation du remdesivir

Claudine Rigal
Novembre 21, 2020

Le groupe "déconseille" désormais l'usage du médicament de Gilead et ce quel que soit le niveau de sévérité de la maladie, car "il n'y a actuellement aucune preuve qu'il améliore la survie des patients, diminue leur besoin de ventilation ou leur durée de séjour à l'hôpital", indique le document. L'agence s'est prononcée après l'avis de son panel d'experts, dont les conclusions sont publiées dans la revue médicale BMJ. "Ces experts, qui appellent toutefois à poursuivre les essais cliniques, soulignent " la possibilité d'importants effets secondaires " de ce médicament, de même que " son coût relativement important et ses implications logistiques", puisqu' "il doit être administré par intraveineuse ".

Une étude rendue publique mi-octobre et menée dans plus d'une trentaine de pays avec le soutien de l'OMS concluait déjà que le remdesivir n'avait pas prouvé de bénéfices en termes de réduction de la mortalité.

Coup dur pour le laboratoire pharmaceutique Gilead.

"Contrairement à la première vague de cas qui a été déclenchée par des zones à risque élevé en Afrique subsaharienne, la récente hausse a lieu principalement dans la région nord-africaine, où les températures commencent à baisser", fait remarquer Dr Moeti, précisant que les grands rassemblements et la mobilité ont été identifiés comme des facteurs de risque d'augmentation de la propagation de la COVID-19 et la saison des fêtes peut favoriser ces risques, résultant sur des évènements de super propagation. Compte tenu de l'efficacité non prouvée de cet antiviral associée à ses inconvénients, l'OMS ne recommande pas son utilisation.

Il est devenu le 3 juillet le premier médicament contre la COVID-19 à recevoir une autorisation de mise sur le marché européen conditionnelle. Pour autant, il a suscité plus beaucoup plus d'enthousiasme aux États-Unis que sur le Vieux continent.

Par ailleurs, l'Agence européenne du médicament (EMA) a indiqué le 2 octobre qu'elle allait étudier des signalements selon lesquels des "problèmes rénaux aigus " pourraient être liés à la prise de remdesivir. En France, la Haute autorité de Santé (HAS) a jugé que son intérê était " faible ".

Autorisé comme traitement de la Covid-19 dans plus de 50 pays, le remdesivir a été prescrit entre autres à Donald Trump lorsqu'il a été infecté par le coronavirus. "Veklury est reconnu comme une référence pour le traitement de malades de la Covid-19 hospitalisés dans les recommandations de nombreuses organisations nationales crédibles", a déclaré Gilead vendredi dans un communiqué.

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