Pour le "calvaire" de Yanis (5 ans), tué parce qu'il avait fait pipi au lit, 28 ans requis contre son beau-père — France

Claudine Rigal
Novembre 22, 2020

Le beau-père a également été condamné à cinq ans de suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. Une peine assortie de trois ans de sursis probatoire, sans mandat de dépôt.

L'avocat général devant la cour d'assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer, Patrick Leuleu, s'en est dit " convaincu ": " L'intention d'homicide, qui est un élément difficile dans ce dossier, est caractérisée ". Son avocate, Me Fleur Bridoux, l'a dite "soulagée" par le verdict.

Quant à la mère, Emilie Inglard, âgée de 23 ans cette nuit du 5 au 6 février, elle s'est "associée" à cette punition, estimant que cela "remettra (it) les idées en place" à son fils, a-t-il poursuivi. "C'est pas pour la peine" mais j'aimerais "qu'on accepte que j'ai pas voulu le tuer".

" Julien Masson, c'est un homme adulte, pénalement responsable".

Et d'énumérer: " Vous avez les coups, vous avez les violences, cette hypothermie grave ", Yanis ayant " été immergé habillé dans le canal", proche du cabanon d'Aire-sur-la-Lys où le couple passait le week-end.

Il avait aussi stigmatisé "l'insuffisance, l'absence" d'explications de l'accusé, qui durant cinq jours d'audience n'aura montré à la cour qu'un "rideau de fumée".

Longtemps cramponné à la thèse d'un accident, avec un décès provoqué par des chutes de l'enfant, l'accusé a reconnu jeudi sa " responsabilité ", mais nié toute intention criminelle, assurant avoir provoqué la mort " accidentellement ".

Selon l'enquête, il a quitté vers 00h30 le cabanon, un lieu "sinistre, effrayant" selon Patrick Leleu, pour emmener l'enfant courir au bord du canal par une température de cinq degrés, pour le punir d'avoir fait "pipi au lit".

Un enfant "encombrant" A l'arrivée des secours, Yanis gisait sur une veste, en hypothermie et trempé, le corps couvert d'une trentaine de contusions, pour certaines anciennes.

Revenant sur la version de la punition, Julien Masson a assuré être seulement sorti "chercher du tabac" avec l'enfant, évoquant un "caprice futile" de sa part.

" Ce qu'il nous dit ne correspond pas, (...) n'explique pas la moitié des plaies", qui révèlent " un véritable calvaire ", a lancé vendredi matin Me Anne Simar, avocate d'une des parties civiles.

"Ils ont soulevé les " incohérences du récit " avec les " vérités scientifiques", comme la présence d'algues sur l'enfant, l'accusé jurant ne pas l'avoir immergé dans le canal. Le parquet général avait requis 28 ans de prison La mort de l'enfant était survenue lors d'une terrible punition pour avoir fait pipi au lit. " Vous avez pris la vie d'un enfant dans des circonstances atroces, mais en plus de ça, d'autres enfants souffrent parce qu'ils n'ont pas de réponses à leurs questions ", a ajouté Maître Bonningues, au sujet des cousins de Yanis.

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