Coronavirus France : 9 cas sur 10 non détectés après le premier confinement

Evrard Martin
Décembre 24, 2020

Selon une étude publiée dans la revue scientifique Nature, neuf cas avec symptômes sur dix n'ont pas été détectés après le premier confinement national, au printemps dernier. Les auteurs déplorent une défaillance du système de surveillance.

La capacité de dépistage "est restée insuffisante, même aux faibles niveaux de circulation virale atteints après ce confinement" et il était prévisible qu'elle "se détériore rapidement avec l'augmentation de l'activité épidémique", notent ses auteurs.Giulia Pullano, Vittoria Colizza, de l'Institut français de recherche publique Inserm, et leurs collègues n'ont pas inclus les infections asymptomatiques (sans symptômes) dans leur calcul, qui pointe la défaillance du système de surveillance, avec une "sous-détection des cas de Covid-19 en France qui menace la lutte contre l'épidémie". L'étude concerne uniquement les personnes symptomatiques.

En incluant le taux des infections asymptomatiques estimé par les chercheurs, la situation est pire encore. Les conclusions de cette étude assurent que le système de dépistage n'a pas atteint les taux de détection nécessaires pour contenir cette pandémie mondiale. Ils ont également eu recours à des estimations à partir d'une base de données de suivi des symptômes autodéclarés. Seulement 5 des 12 régions étudiées sont parvenues à détecter au moins 50 % des positifs à la fin juin, estiment-ils, et moins d'un tiers (31%) des gens présentant des symptômes de type Covid-19 ont consulté un médecin en dépit des recommandations.

Ces différents résultats mettent donc en évidence que la majorité des infections par le SarS-CoV-2 n'a pas été détectée au cours des premières semaines après ce premier confinement. A la différence de certains pays asiatiques comme la Corée du Sud, qui ont adopté des stratégies de tests, de suivi et de quarantaine plus drastiques, la stratégie française du " tester, tracer, isoler" s'est, selon eux, révélée trop peu efficace pour maintenir la propagation du coronavirus sous contrôle. Et, selon les estimations des chercheurs, réalisées à l'aide de modèles mathématiques, près de 104.000 infections symptomatiques sont survenues au cours de la période d'étude, contre environ 14.000 cas officiellement enregistrés. Ces informations - et l'utilisation de la modélisation mathématiques pour évaluer la prévalence de la maladie et l'efficacité des politiques sanitaires - pourraient permettre d'éviter une "3ème vague" en Europe et de développer une stratégie vaccinale cohérente et efficace.

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