La France suspend ses liaisons avec le Royaume-Uni — Variante du coronavirus

Evrard Martin
Décembre 23, 2020

"D'après tout ce que nous savons à l'heure qu'il est et à la suite d'entretiens qui ont eu lieu entre les experts des autorités européennes", la nouvelle souche "n'a pas d'impact sur les vaccins" qui restent "tout aussi efficaces", a déclaré le ministre de la Santé allemand, Jens Spahn, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, sur la chaîne de télévision publique ZDF.

Contrairement au Canada, qui a lui aussi annoncé la décision d'interrompre ses liaisons avec Londres pour une durée de 72 heures, les états unis d'Amériques restent quant à eux toujours entrain de surveiller et d'analyser de prés la situation, en attente de prendre une décision.

L'OMS et l'AEM avaient appelé dimanche leurs membres en Europe à renforcer leurs contrôles pour combattre la propagation de la nouvelle variante. En Europe, les contrôles ont été renforcés et plusieurs pays ont décidé de suspendre leurs vols avec le Royaume-Uni. Des mesures aussi seront prises pour "faciliter le rapatriement" des résidents irlandais.

Cette nouvelle version du virus, détectée aux alentours de Londres, se transmet bien plus rapidement que la version principale du virus, à laquelle font face tous les pays du monde depuis presque un an.

Cette suspension a été annoncée à l'issue d'un Conseil de défense sanitaire extraordinaire par visioconférence, présidé par le président français Emmanuel Macron, lui-même à l'isolement dans la résidence officielle de La Lanterne, à Versailles, après avoir été testé positif à la COVID-19.

Elle s'appliquera à partir de minuit et concernera tous les déplacements "y compris liés aux transports de marchandises, par voie routière, aérienne, maritime ou ferroviaire", a indiqué le gouvernement dans un communiqué. Selon ses dires, seul le fret non accompagné sera donc autorisé. Les flux de personnes ou de transports en direction du Royaume-Uni ne sont pas concernés. Dès lors, plusieurs pays européens ont annoncé ce dimanche matin la suspension des vols et des trains avec le Royaume-Uni, notamment les Pays-Bas, la Belgique et l'Italie, puis l'Allemagne dans la soirée. " Si les perturbations se poursuivent, on pourrait avoir des pénuries de produits frais dès la semaine prochaine - donc il va être crucial de résoudre ces problèmes dans les 48 heures qui viennent ". Il s'agit aussi de "préparer une réouverture sécurisée des flux en provenance du Royaume-Uni" qui s'appuiera "sur un dispositif de test obligatoire au départ".

Cela concerne notamment l'importante communauté française qui réside en Grande-Bretagne et dont certains avaient prévu de revenir en France pour les fêtes.

Ils ne pourront plus se retrouver pour Noël, tandis qu'ailleurs dans le pays, les familles pourront se voir le 25 décembre uniquement. Les pubs et musées étaient déjà porte close depuis quelques jours. Plus de 16 millions de Londoniens et d'habitants du sud-est de l'Angleterre se retrouvent ainsi contraints de faire une croix sur des retrouvailles familiales à Noël. Mercredi, le dirigeant conservateur clamait encore qu'il serait "inhumain" d'annuler Noël.

Une variante du Sars-CoV-2 est récemment apparue outre-Manche. La nouvelle variante du virus, soupçonnée d'être 70% plus contagieuse que la précédente, a été observée au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.

Selon Susan Hopkins, de l'agence de santé publique Public Health England, la nouvelle souche a aussi été décelée à un niveau faible "dans beaucoup d'autres régions" du Royaume-Uni. Hors du territoire britannique, une poignée de cas ont été rapportés au Danemark (9), ainsi qu'un cas aux Pays-Bas et en Australie, selon l'OMS.

Des études complémentaires sont en cours pour déterminer son degré de transmissibilité et sa résistance éventuelle aux vaccins. "Rien n'indique qu'il soit plus mortel ou qu'il cause une forme plus sévère de la maladie" ou qu'il réduise l'efficacité des vaccins, a-t-il ajouté.

Très critiqué depuis le début de la pandémie pour sa gestion de la crise, le gouvernement mise gros sur la vaccination pour en sortir, avec l'objectif d'administrer une première dose du vaccin Pfizer/BioNTech à 500 000 personnes d'ici la fin du week-end.

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