Nouvel appel à la prudence de l’Anses — Huiles essentielles

Evrard Martin
Décembre 18, 2020

Elle n'est pas sans risque, selon l'agence de sécurité sanitaire, qui formule des recommandations concernant les huiles essentielles d'arbre à thé, de niaouli et de cajeput.

Certains compléments alimentaires composés d'huiles essentielles de melaleuca peuvent, selon l'Anses, présenter des risques pour la santé, notamment chez les enfants et les femmes enceintes. Mais ces huiles contiennent des substances considérées comme "préoccupantes" comme du terpèn-4-ol, du méthyleugénol - considéré comme génotoxique et cancérogène pour l'Homme - et de l'ascaridole pour l'arbre à thé, et du 1, 8-cinéole pour le niaouli et le cajeput, un composé ayant déjà "entraîné des complications neurologiques chez les enfants". Des huiles essentielles sont extraites des feuilles issues de ces trois variétés, et entrent ensuite dans la composition de certains compléments alimentaires que l'on trouve très facilement dans nos pharmacies ou sur Internet. Face aux risques encourus, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a été saisie pour étudier les dangers associés à leur ingestion. Ces produits sont d'ailleurs " déconseillés voire interdits dans certains pays européens en raison de leurs potentiels effets neurotoxiques ", bien que leur utilisation ne soit pas harmonisée au niveau européen - par exemple autorisés en Italie mais interdits en Belgique.

L'ANSES recommande donc aux opérateurs d'huile essentielle d'arbre à thé de déterminer le nombre maximal de gouttes à consommer par jour en fonction de la taille des gouttes délivrées et du poids du consommateur.

Pour les huiles essentielles de niaouli et cajeput riches en 1,8-cinéole, l'Anses recommande d'interdire leur consommation par voie orale aux bébés de moins de 30 mois et aux enfants ayant des antécédents d'épilepsie ou de convulsions fébriles, dans l'attente de données toxicologiques plus précises. Le risque lié à l'ascaridole est tout aussi difficile à évaluer, mais pour parer à toute éventualité, les fabricants sont incités à rappeler aux consommateurs que les huiles essentielles d'arbre à thé doivent être conservées au frais et dans l'obscurité.

Il ressort de son analyse qu'en l'état actuel des connaissances, l'absorption par voie orale de certains composés des huiles essentielles de Melaleuca présente des risques neurologiques (niaouli et cajeput), cancérigènes, génotoxiques et potentiellement reprotoxiques.

Pour les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes: consommation déconseillée en l'absence de données suffisantes. Elle rappelle enfin que la consommation de compléments alimentaires n'est pas anodine. Il est ainsi " recommandé " de les consommer en prévention ou pour soigner les pathologies hivernales: rhume, grippe, voire Sars-CoV-2, le virus à l'origine de la Covid-19.

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