Beauvau et Beaugrenelle — Sécurité

Pierre Vaugeois
Janvier 27, 2021

Le lancement de la consultation doit avoir lieu en présence du Premier ministre Jean Castex, a dit Gérald Darmanin aux syndicats de police et aux représentants de la gendarmerie lors d'une réunion en visioconférence depuis le ministère. "L'idée, c'est d'avoir une grande loi de programmation du ministère de l'Intérieur qui soit prête avant l'élection présidentielle", a-t-il ajouté, en référence à la loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) prévue en 2022. Le président de la République, Emmanuel Macron, va également intervenir durant ces échanges.

Ainsi quand l'on donne comme dénomination " Beauvau de la sécurité " à un projet, louable, de faire débattre syndicats de policiers et de gendarmes, avec des élus, des citoyens et des experts pour " renouer les liens " entre les forces de l'ordre et la population, il est probable que, au-delà de ces acteurs désignés, on ne partage les mêmes attentes.

Pour les syndicats de police, qui se battent, depuis des années pour obtenir davantage de moyens, notamment pour leur formation, l'annonce a été reçue avec une certaine réserve.

Autre crainte, exprimée par le secrétaire régionale du syndicat, dans un climat très sensible où les violences de certains policiers ont exacerbé les esprits, "parfois, certaines personnes aiment la police pour de mauvaises raisons et je craindrais que l'on attire dans la police des gens qui l'aiment mais avec l'esprit un peu "milice", et on n'a vraiment pas besoin de ça". Viendront ensuite la formation, puis la relation à l'autorité judiciaire en mars, en présence du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. Parmi les sujets qui devraient être abordés: les violences policières, la question de la formation, l'encadrement, les moyens humains et matériels.

Le Ministre de l'Intérieur prévoit de se déplacer toutes les semaines dans les commissariats et les brigades de gendarmerie, où des cahiers de doléances seront mis à disposition des agents.

Tout au long de l'exercice, des membres de la Commission nationale Informatique et Libertés (Cnil), des services du Défenseur des droits ou des syndicalistes comme Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, ou Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, seront conviés aux débats, a précisé le ministre aux syndicats lundi.

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