Crash des 737 MAX : Boeing va payer 2,5 milliards de dollars

Claudine Rigal
Janvier 10, 2021

Le géant de l'aéronautique va pouvoir grâce au versement de cette somme solder certaines poursuites, dont une amende pénale de 243,6 millions, 1,77 milliard d'indemnités à ses clients et 500 millions pour un fond destiné à indemniser les proches des 346 victimes de l'accident des appareils de Lion Air en octobre 2018 et Ethiopian Airlines mars 2019. Le procureur général adjoint par intérim, David P. Burns, déclare: " Les accidents tragiques du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines ont révélé la conduite frauduleuse et trompeuse des employés de l'un des principaux fabricants d'avions commerciaux au monde.

Le ministère américain de la justice a déclaré que Boeing "a choisi la voie du profit plutôt que celle de la franchise" et a dissimulé des informations sur les défauts du système d'augmentation des caractéristiques de manoeuvre (MCAC) du 737 MAX.

Boeing admet que deux de ses employés avaient induit en erreur un groupe chargé au sein de l'autorité américaine de l'aviation de préparer la formation des pilotes à l'appareil au sujet du logiciel de vol MCAS.

Toutefois, si cet accord déposé jeudi devant le tribunal fédéral de Dallas permet à l'entreprise Boeing d'échapper à des poursuites de l'administration, l'avionneur reste exposé à des recours individuels de la part des familles des victimes, contre d'éventuelles fautes individuelles de salariés de Boeing. Le règlement épargne aussi les hauts dirigeants de Boeing. La semaine dernière, American Airlines est devenue le premier transporteur américain à reprendre les vols à bord de l'avion après que la FAA ait levé son échouement en novembre, à condition que Boeing ou les compagnies aériennes apportent certaines modifications à l'avion.

Aux termes de l'accord, Boeing a accepté de continuer à coopérer avec les autorités pour toutes les enquêtes en cours ou à venir. Ces appareils ont connu deux accidents ayant coûté la vie à 346 personnes. Les documents émis par la suite par l'agence de l'aviation ne contenaient en conséquence pas des informations essentielles sur ce logiciel, qui n'ont donc pas été incluses dans les manuels des compagnies. Cloué au sol pendant vingt mois, il a seulement été à nouveau autorisé à voler dans certains pays fin 2020.

Néanmoins, Boeing fait encore face à certaines contraintes.

Hier, le ministère de la Justice des USA a annoncé que Boeing a conclu un accord avec le ministère pour résoudre une accusation criminelle liée à un complot visant à frauder le groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Administration (FAA AEG) dans le cadre de l'évaluation par la FAA AEG de l'avion 737 MAX de Boeing.

Dans un communiqué, David Calhoun, directeur général de Boeing reconnaît ne pas avoir été à la hauteur des valeurs et des attentes de l'entreprise. Dans le cas de Boeing, les accusations seront rejetées au bout de trois ans si Boeing respecte l'accord. "Cette résolution nous rappelle sérieusement à tous à quel point notre obligation de transparence envers les régulateurs est critique, et les conséquences que notre société peut affronter si l'un d'entre nous échoue", a-t-il dit.

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