L’Algérie et les États-Unis affichent leur désaccord — Sahara occidental

Claudine Rigal
Janvier 9, 2021

Il s'agit de David Schenker, sous-secrétaire d'Etat américain en charge des questions du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord au département d'Etat: " un pur produit de ce que la presse américaine appelle le " deep state", un des puissants faiseurs de stratégie américaine dans le monde et concepteur de son influence", fait observer le politologue. Cette visite, la première d'un haut responsable américain, fait suite à la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur l'ancienne colonie espagnole, à rebours de la position des Nations unies. Le Polisario, soutenu par l'Algérie voisine, milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU.

Si l'on ajoute à cela l'appuie unanime et systématique des monarchies du Golfe et des pays de la Ligue Arabe en général, qui soutiennent ouvertement les thèses marocaines en ce qui concerne le dossier du Sahara Occidental, alors l'Algérie se sent de plus en plus abandonnée, isolée, voire humiliée par ses anciens amis ou alliés en Afrique et dans le reste du monde!...

Arrivé mercredi soir à Alger après s'être rendu en Jordanie, David Schenker a été reçu jeudi par le chef de la diplomatie algérienne Sabri Boukadoum.

Le Maroc est ainsi devenu le quatrième pays à normaliser ses relations avec Israël en 2020 -après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan.

A son arrivée à l'aéroport de Dakhla, M. Schenker a été accueilli par le wali de la région Dakhla-Oued Eddahab, gouverneur de la province d'Oued Eddahab, Lamine Benomar, ainsi que par les présidents des conseils élus.

La Minurso est restée spectatrice, à la mi-novembre, quand le Maroc a déployé ses troupes dans une zone tampon pour "sécuriser" la seule route vers l'Afrique de l'Ouest, à la frontière avec la Mauritanie. Cette visite a pour but de "renforcer le dialogue et la concertation entre l'Algérie et les Etats-Unis sur plusieurs questions régionales et internationales".

Joe Biden, le président américain élu, ne s'est pas encore prononcé sur le dossier du Sahara occidental.

La décision américaine sur le Sahara occidental alimente de nouvelles tensions entre les deux États voisins, l'Algérie affirmant que son soutien aux Palestiniens et aux Sahraouis du Front Polisario restait inchangé. C'est à lui que revient la gestion politique d'un des plus brûlants dossiers de l'actualité diplomatique américaine, la crise iranienne et ses prolongements régionaux.

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