La justice accepte de nouvelles expertises ADN, l'enquête relancée — Affaire Grégory

Pierre Vaugeois
Janvier 27, 2021

Selon un avocat de Jean-Marie et Christine Villemin, elle accepte "la quasi-totalité" des demandes déposées en décembre par les parents du petit garçon noyé en 1984 dans la Vologne.

Les précédentes expertises génétiques diligentées dans ce dossier n'avaient rien donné mais les parents de Grégory, tué à l'âge de 4 ans, misent toujours sur les progrès du savoir génétique pour tenter de faire la lumière sur l'un des faits divers les plus mystérieux de l'histoire criminelle française et qui passionne l'opinion depuis plus de trois décennies.

Christine et Jean-Marie Villemin sollicitent aussi de nouveaux prélèvements génétiques sur plusieurs personnes ainsi que le recours au "portrait-robot génétique", qui permet de déterminer la couleur des cheveux ou des yeux d'une personne.

La chambre d'instruction de la Cour d'appel de Dijon, où le dossier est instruit depuis 1987, a donné une suite favorable mercredi 27 janvier 2021 à la demande des époux Villemin qui demandaient de nouvelles expertises sur des pièces à conviction de cette affaire qui n'a toujours pas livré de coupable (s).

Des experts vont être saisis, notamment pour les recherches en "ADN de parentèle", méthode qui permet de relier une empreinte génétique avec d'autres issues de la même parenté afin de les faire éventuellement "matcher" avec celles présentes dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

La méthode "parentèle", pratiquée en France depuis 2012, a permis de résoudre plusieurs "cold cases", comme le dossier Elodie Kulik, violée et assassinée en 2002, ou l'affaire du violeur de Sénart (Essonne), confondu en 2015, vingt ans après les premières agressions. "J'ai eu Jean-Marie Villemin ce matin, il est à l'unisson avec moi, il est très satisfait ", a-t-elle ajouté à l'AFP.

"Je ne suis pas persuadé que ça soit très pertinent" dans un dossier qui relève du "naufrage", a déclaré Me Frédéric Berna, l'un des conseils de Jacqueline Jacob, qui insiste: l'ADN des Jacob n'est "nulle part".

" L'ADN parentèle peut être intéressant ", nuance Me Stéphane Giuranna, conseil de Marcel Jacob. "Le dossier contient des empreintes génétiques inconnues". "Une fois identifiées, on pourra avancer ", poursuit-il, même s'il a " du mal à y croire ".

Thierry Pocquet du Haut-Jussé, procureur général de Dijon, a confirmé, dans un courriel transmis à l'AFP, que "la chambre de l'instruction a fait droit à la grande majorité des demandes présentées par les parties civiles", sans plus de précision. "J'espère qu'un jour, quelqu'un contribuera à la recherche de la vérité en disant ce qu'il peut dire", a-t-il confié vendredi à " L'Est Républicain ".

Parmi les autres éléments qui pourraient relancer l'enquête: un rapport de stylométrie. Révélé par " Le Parisien ", il incriminerait " un suspect", mais n'a étonnamment pas encore été versé au dossier.

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