La promesse militaire de Kim Jong-Un — Corée du nord

Claudine Rigal
Janvier 8, 2021

Dans un rapport présenté au congrès du Parti des travailleurs, M. Kim s'est engagé à placer "les capacités de défense de l'Etat à un niveau bien supérieur, et à fixer des buts à atteindre pour réaliser cela", a rapporté l'agence officielle KCNA reçue à Séoul.

Grand-messe du parti au pouvoir, ce congrès vise à renforcer l'autorité du régime et est suivi de près par les experts de la Corée du Nord qui tentent de déceler tout signe d'inflexion de la politique d'un des pays les plus isolés au monde. La fermeture des frontières avec son voisin et principal partenaire économique chinois, ainsi que les inondations se sont ajoutées à la mauvaise gestion chronique de l'économie.

L'agence n'a donné aucune précision sur le type d'"erreurs", auxquelles se réfère le leader nord-coréen, et n'a pas indiqué s'il avait fait mention des Etats-Unis ou de la Corée du sud dans son discours.

"M. Kim ne veut pas prononcer le mot +nucléaire+ alors que M. Biden prend ses fonctions ce mois-ci, et qu'il sait que la position du futur président au sujet de Pyongyang est de ne faire aucun compromis, contrairement à celle de son prédécesseur".

Pyongyang assure n'avoir enregistré aucun cas de Covid-19, ce dont doutent les observateurs.

Les échanges avec la Chine ne représentent plus qu'une infime partie de leur niveau habituel, et de nombreuses ambassades ont fermé ou réduit leurs effectifs de manière importante.

Selon les analystes, le congrès, centré sur des questions intérieures, devrait réaffirmer l'importance de l'autosuffisance et annoncer un nouveau plan économique.

Dimanche, l'organe du parti au pouvoir, Rodong Sinmun, a appelé à une loyauté inébranlable envers le guide suprême, estimant qu'un esprit d'unité était nécessaire pour assurer une année victorieuse.

La sœur de Kim Jong-un - et sa conseillère - Kim Yo-jong fait partie des officiels élus au présidium du congrès, signe de son influence croissante.

Le congrès réuni cette semaine montre, selon Ahn Chan-il, chercheur à l'Institut mondial des études nord-coréennes de Séoul, un "besoin urgent de solidarité interne". "Le congrès du parti doit servir d'étincelle pour restaurer la foi d'un public déçu", estime-t-il.

Le congrès a été précédé par des campagnes de mobilisation de masse, demandant aux Nord-Coréens d'effectuer pendant 80 jours des heures supplémentaires et de s'acquitter de nouvelles tâches pour soutenir l'économie.

Trump parti, la Corée du Nord va réaffirmer son hostilité traditionnelle à l'égard des États-Unis avec un avant- goût de ses provocations futures, estime Go Myong-hyun de l'Institut Asan d'études politiques. Même si les relations entre les dirigeants nord-coréens et américains ont été cordiales sous Donald Trump, les choses devraient aller de mal en pire entre Kim Jong-Un et Joe Biden. L'arrivée prochaine de Joe Biden à la tête des États-Unis, ne semble donc que peu favorable à une détente entre la Corée du Nord et les USA, ni présager d'une sortie d'isolement pour Pyongyang. De son côté, le président élu a qualifié M. Kim de "voyou". Pour le pouvoir en place, c'est une marque de lucidité inattendue que de marquer l'échec du plan quinquennal décidé en 2016 lors du précédent congrès.

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