Mali : la France rejette la mort de civils dans des frappes aériennes

Claudine Rigal
Janvier 9, 2021

Les faits qui se sont produits dans le secteur de Douentza et Hombori suscitent depuis plusieurs jours les interrogations sur l'éventualité d'une bavure dans le centre du Mali, l'un des principaux foyers de la violence qui ensanglante le Sahel. 19 morts au moins dans une frappe aérienne, selon des villageois. Décrit par plusieurs villageois comme un hélicoptère, l'appareil qui aurait tiré ne pourrait a priori appartenir qu'aux armées malienne ou française, les seules à frapper du ciel. Six militaires français de l'opération Barkhane ont été blessés, ce vendredi 8 janvier dans la matinée au Mali, par un véhicule-suicide piégé, indique l'état major de l'armée française. "Barkhane" peut expliquer ce qu'elle a fait, pas ce qu'elle n'a pas fait", explique l'état-major français à l'AFP, et repris hier par Franceinfo. Le communiqué du ministère ne mentionne pas Bounti et ne situe pas précisément les faits qu'il évoque. Cette situation s'est produite quelques jours après l'annonce relative au décès de deux militaires, faite par la résidence française. Mais l'association locale campe sur ses affirmations en mettant en cause "Barkhane" et affirme qu'il "s'agissait d'un mariage" et non pas d'un regroupement de "djihadistes", citant des enfants parmi les victimes.

Sur la photo, une dizaine de corps enveloppés de linceuls sont étendus dans une cour en terre battue, protégés du soleil par plusieurs rangées d'arbres.

Une source militaire française qui était au courant de l'opération de dimanche a déclaré à l'.: "Il ne peut y avoir de doute ni d'ambiguïté, il n'y a pas eu de mariage".

Début 2020, suite à une série d'attaques aussi nombreuses que meurtrières contre des camps militaires des trois pays dans la région dite des "trois frontières" entre Mali, Burkina Faso et Niger, la France et les pays sahéliens avaient décidé ensemble à Pau d'accentuer leur action.

Le silence observé par les autorités maliennes avait laissé le champ libre aux spéculations, favorisées par les difficultés d'accès à l'information dans une zone dangereuse et éloignée. Les versions des armées et des villageois divergent au point que la concomitance de deux évènements distincts n'a pu être catégoriquement écartée.

Quel que soit le déroulé de l'attaque, l'image abondamment relayée sur les réseaux sociaux n'a rien à voir avec Bounti ou Kikara: elle montre en effet les corps de civils tués par Boko Haram lors d'un massacre ayant fait 39 morts en février 2014 dans un village du nord-est du Nigeria.

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