Parler, l'application préférée des conservateurs, bloquée par les Gafa — États-Unis

Xavier Trudeau
Janvier 11, 2021

Après Google et Apple, Amazon prévoit de couper les ponts avec Parler, le réseau social prisé des partisans de Donald Trump mais aussi accusé de relayer des menaces de violence, ce qui devrait rendre la plateforme temporairement inaccessible.

Dans une lettre adressée au site conservateur, Amazon dit avoir "observé récemment une augmentation persistante de contenus violents".

Des messages de soutien aux émeutiers qui ont fait irruption au Capitole mercredi ont notamment fleuri après les événements sur l'application, qui a gagné ces derniers mois de nombreux adeptes.

Twitter a annoncé vendredi avoir suspendu le compte personnel de Donald Trump de façon permanente.

Comme le groupe héberge les données de Parler sur son service de cloud, cela devrait empêcher au moins temporairement le fonctionnement du réseau social.

Après l'annonce le 8 janvier de la suspension de l'application par Google, puis la décision le lendemain d'Apple de retirer le réseau social Parler de sa plateforme de téléchargement, la décision d'Amazon était attendue.

"Nous sommes le dernier espoir du monde pour la liberté d'expression et celle de l'information", a-t-il encore ajouté avant de qualifier la démarche des colosses technologiques qui ont "travaillé ensemble" d'"absolument dégoûtante" et d'"honteuse".

"Amazon, Google et Apple ont fait cela dans un effort coordonné en sachant que nos options seraient limitées et que cela nous infligerait le plus de dommages possibles au moment où le président Trump est banni par les entreprises de la tech", a déploré le patron de Parler.

Samedi, son application était la plus téléchargée sur l'App Store avant qu'elle ne soit suspendue. Selon le PDG de Parler John Matze, sa plateforme est aujourd'hui le concurrent le plus important que Facebook et Twitter aient connu "depuis de nombreuses années". Mais il attire désormais des voix conservatrices plus traditionnelles, y compris des parlementaires républicains.

La position des détracteurs de la plateforme est tout autre: pointant des appels à assassiner le vice-Président Mike Pence, les critiques de Parler affirment que "des militants d'extrême droite" s'en sont servis pour "inciter à la violence", relate le Financial Times.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL