Première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans — États-Unis

Claudine Rigal
Janvier 13, 2021

Lisa Montgomery, une Américaine de 52 ans, a été exécutée ce mercredi 13 janvier après avoir vu un juge fédéral ordonner de surseoir à son exécution lundi, le temps d'évaluer son état mental. Les Etats-Unis ont procédé mercredi, dans l'Indiana, à la première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans a annoncé le département de la Justice américain.

En 2004, Lisa Montgomery avait tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son fœtus.

La prison de Terre Haute aux Etats-Unis, le 28 août 2020. Il a motivé sa décision par la nécessité de déterminer l'état mental de Lisa Montgomery.

Mais la Cour suprême largement en faveur de Trump en a décidé autrement en validant la demande du ministère de la Justice de poursuivre jusqu'au bout la peine pour le crime horrible perpétré par Lisa Montgomery.

La haute Cour a refusé à minuit les ultimes recours déposés par les avocats de la condamnée. Dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, Lisa Montgomery avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur Internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier. Elle souffre de troubles mentaux en raison de viols en réunion et de violences subis dans son enfance.

A la place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -qui a survécu- et avait abandonnée la jeune femme baignant dans une mare de sang.

Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery. L'avocate de celle-ci, Kelley Henry, a qualifié cette nouvelle exécution de "vicieuse", évoquant dans un communiqué "la soif de sang d'une administration en faillite".

Lisa Montgomery le 20 décembre 2004 à Kansas City
Lisa Montgomery le 20 décembre 2004 à Kansas City

Après 17 ans de pause des exécutions aux Etats-Unis, l'administration Trump enchaîne depuis l'été les injections létales. En quelques mois seulement, pas moins de 10 détenus ont reçu une dose de penthiobarbital, un puissant barbiturique, deux autres devraient, cette semaine, connaître le même sort: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi.

Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée.

D'anciens gardiens du pénitencier de Terre-Haute ont de leur côté écrit au ministre de la Justice par intérim, Jeffrey Rosen, pour lui demander de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné contre le Covid-19 ".

Entre les bourreaux, les gardiens, les témoins, les avocats... une exécution mobilise en effet des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus.

À contre-courant, l'administration de Donald Trump a au contraire affiché sa détermination à procéder au maximum d'exécutions, avant de quitter le pouvoir. "C'est insensé", a dénoncé lundi sur la radio NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

Le démocrate, qui doit être investi le 20 janvier, est opposé à la peine de mort et a promis de travailler avec le Congrès, désormais contrôlé par son parti, pour tenter de la supprimer au niveau fédéral.

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