Violences au Capitole : Twitter suspend "indéfiniment" le compte de Donald Trump

Claudine Rigal
Janvier 9, 2021

Twitter a suspendu " de façon permanente " le compte de Donald Trump, vendredi, à cause des risques " de nouvelles incitations à la violence " après l'assaut contre le Capitole, à Washington, mercredi. Cependant, selon Stéphane Koch, il faut bien distinguer "la liberté d'expression et la désinformation ".

Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à "l'insurrection", "presque à la sédition" selon les termes du président élu, quand une foule de partisans du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats.

Ce tweet n'était plus visible quasiment immédiatement après avoir été publié, mais la Maison Blanche a également relayé ce message dans un communiqué.

La Maison Blanche n'a pas réagi suite à la diffusion de cet enregistrement, néanmoins, les présumées déclarations de Trump ont suscité une onde de choc à Washington.

Ce message lourd de symbole restera le dernier de @realDonaldTrump et ses environ 88 millions d'abonnés au moment de sa suspension.

Après le chaos suscité par la violence des manifestations pro-Trump hier au Congrès, plusieurs élus démocrates dont Elizabeth Warren et Ted Lieu, demandent à écarter le président du pouvoir.

Dans un tweet, le réseau social explique avoir " évalué deux violations de nos politiques en ce qui concerne la page du président Trump, qui entraîneront un blocage de 24 heures, ce qui signifie qu'il n'aura pas la possibilité de poster sur la plateforme pendant cette période ".

"Je vais désormais me concentrer sur une transition de pouvoir ordonnée et sans accrocs", a-t-il encore assuré dans ce message très proche d'un discours de concession, même s'il ne reconnaît pas explicitement sa défaite face à Joe Biden.

Ce n'est ni la fin de la démocratie américaine ni le début d'une deuxième guerre civile aux États-Unis.

Les ténors du parti démocrate exhortent le vice-président, Mike Pence, à déclencher la quatrième section du 25e amendement de la Constitution. La troisième étape est donc celle du recours au pouvoir de la rue et à la déstabilisation politique par la force pour tenter d'inverser l'issue du vote... avant que Donald Trump en appelle finalement au calme tout en répétant que l'élection lui a été volée.

Le Wall Street Journal, propriété du magnat Rupert Murdoch qui fut un allié de Donald Trump, l'a appelé à "assumer sa responsabilité personnelle et à démissionner".

Une première sénatrice, Lisa Murkowski, en a fait de même, assénant: "Je veux le voir partir".

Deux membres du gouvernement ont démissionné.

Mais outre les soutiens du président, qui accusent les réseaux sociaux de le censurer sur la base de leurs préjugés, des voix se sont élevées à gauche pour mettre en garde contre de possibles atteintes à la liberté d'expression. La procédure d'impeachment permet en effet de destituer le président des États-Unis s'il n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions.

"Les prochains jours seront également consacrés à l'installation des nouvelles équipes administratives".

"Ce faisant, le président Trump (.) a menacé l'intégrité du système démocratique", ajoute le texte.

Donald Trump a annoncé ce vendredi qu'il n'assistera pas à la prestation de serment du nouveau président des Etats-Unis, Joe Biden, le 20 janvier.

La justice a elle commencé la traque des responsables.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL