5 ans de prison requis contre Georges Tron

Alain Brian
Февраля 19, 2021

La justice française a requis mardi cinq ans d'emprisonnement, dont trois avec sursis, contre un ancien secrétaire d'État, Georges Tron, jugé en appel à Paris pour viols et agressions sexuelles, une affaire qui l'avait contraint à quitter le gouvernement en 2011.

Dans le cas de Georges Tron, l'avocat général a demandé à la cour d'assises de Paris que les deux ans de peine requise non couverts par le sursis soient effectués sous bracelet électronique.

Le parquet avait fini par faire appel et cette fois, la crédibilité de la plaignante, ancienne employée de la municipalité, a été retenue et surtout, la contrainte sous laquelle Virginie Ettel a participé aux ébats sexuels mettant aux prises Georges Tron et Brigitte Gruel au sein de la mairie de Draveil au tournant des années 2010 a bien été établie, contrairement à il y a deux ans. Les deux prévenus, désormais inscrits au fichier des délinquants sexuels, ont en revanche été acquittés pour les viols et agressions sexuelles en réunion présumés sur la deuxième plaignante, Eva Loubrieu.

Au terme d'un délibéré de onze heures, la cour a déclaré l'élu de 63 ans coupable de viol et agressions sexuelles en réunion sur Virginie Ettel.

Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique entre 2010 et 2011, a écouté la sentence sans laisser transparaître la moindre émotion. Dans un silence lourd, il a alors remis sa montre à son avocat, Me Antoine Vey, puis est allé se placer dans le box vitré des accusés.

Mercredi soir, Georges Tron est resté impassible à l'énoncé du verdict de la cour d'assises de Paris. George Tron et Brigitte Gruel avaient été acquittés le 15 novembre 2018, en première instance. Escorté par les gendarmes qui lui ont épargné l'humiliation supplémentaire du menottage en public, l'homme a quitté la salle sans autre soutien que celui de ses avocats et d'un jeune draveillois, venu le saluer.

Une thèse qui s'est "délitée" à l'audience, de l'avis de l'avocat général: le "complot", "on ne sait plus si c'est le Front National, le MoDem, des amis du même camp qui ne sont plus des amis, la mairie socialiste d'en face". Les mains parfois tremblantes, il affirmait de nouveau n'avoir commis aucune violence à l'égard d'Eva Loubrieu et Virginie Ettel.

Ce verdict va au-delà des réquisitions du ministère public envers Georges Tron. Un contexte que les parties civiles n'ont pas manqué d'invoquer durant les longues journées de débats. Selon eux, cet ascendant moral constitue une forme de contrainte - l'une des caractéristiques du viol et de l'agression sexuelle dans le code pénal.

Massages de pieds, mensonges, retournements de veste, enregistrements clandestins, "omerta", descriptions crues de scènes sexuelles trioliques. Pendant près de quatre semaines, la cour s'est plongée dans le microcosme de la mairie de Draveil, commune de banlieue parisienne que Georges Tron dirige depuis 1995. La cour a notamment justifié sa condamnation par "la persistance de l'accusé à nier les faits reprochés et son absence subséquente de réflexion authentique quant à ses passages à l'acte".

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