Biden veut faciliter la naturalisation de 9 millions de migrants

Solenn Plantier
Février 3, 2021

Ce mardi 2 février, il a signé trois décrets présidentiels sur l'immigration.

"Je ne fais pas de nouvelle loi, j'élimine les mauvaises politiques", lance Joe Biden, masqué, depuis le Bureau ovale.

" Nous allons travailler à effacer la honte morale et nationale de la précédente administration qui a littéralement arraché les enfants des bras de leurs familles, de leurs pères et de leurs mères à la frontière, sans avoir aucun plan, aucun pour que ces enfants qui sont toujours en détention puissent retrouver leurs familles".

La plupart de ces réformes seront pilotées par le ministre de la sécurité intérieure (DHS). S'il est confirmé, ce fils de réfugiés cubains, arrivé nourrisson aux Etats-Unis, sera le premier Hispanique à diriger ce ministère tentaculaire qui supervise les questions d'immigration, la police aux frontières mais aussi la réponse aux situations d'urgence. Pour cela, le premier décret prévoit la mise en place d'un groupe de travail chargé de retrouver les parents des centaines d'enfants dont les familles n'ont pas encore été localisées.

" La coopération internationale est essentielle pour garantir un processus migratoire sécurisé, ordonné et humain ", a précisé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué, assurant que les États-Unis travailleraient avec l'Amérique centrale pour " garantir l'unité des familles ".

Quant au troisième décret, il vise à favoriser l'intégration des migrants installés légalement aux Etats-Unis.

Le président Joe Biden demandera ce mardi à son gouvernement de faciliter la naturalisation des neuf millions de migrants éligibles à la citoyenneté américaine, dans le cadre d'une série de mesures destinées à renouer avec la tradition d'accueil des Etats-Unis. Cet objectif passe notamment par une révision de la règle dite "de la charge pour la société" créée en août 2019 par l'administration républicaine pour refuser la carte verte ou la citoyenneté américaine aux migrants touchant des aides sociales, comme par exemple des soins subventionnés ou une allocation logement.

La décision du président Joe Biden de lever l'interdiction de voyager aux États-Unis pour certains Africains, y compris ceux de la Somalie, a été vivement saluée par les ressortissants somaliens au Kenya. Il a également transmis un projet de loi au Congrès qui pourrait entraîner la régularisation des millions de sans-papiers présents aux Etats-Unis. Son adoption nécessitera toutefois de convaincre plusieurs élus républicains, ce qui semble difficile.

Donnant le ton des joutes à venir, le sénateur républicain Lindsey Graham a regretté les efforts déployés par Joe Biden pour " supprimer une partie des avancées obtenues par Donald Trump contre l'immigration illégale ".

Interrogée sur cette question - légitime - lors de son point de presse quotidien, Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, a esquivé. "La route reste dangereuse ", a-t-elle justifié".

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