Efficacité, effets secondaires... Ce qu'on sait — Vaccin Spoutnik V

Claudine Rigal
Février 3, 2021

La représentante de l'IPA a ajouté que parmi les wilayas qui vont recevoir le vaccin russe, figurent Alger, Tizi-Ouzou, Tipaza, Sétif, Oran, Jijel, Tlemcen, Batna, Mostaganem ainsi que Ouargla et Biskra, sachant que le transport des vaccins se fera par route et par voie aérienne, pour les destinations les plus éloignées, selon le même média.

Ces premiers résultats vérifiés d'efficacité corroborent les affirmations initiales de la Russie, accueillies avec méfiance à l'automne dernier par la communauté scientifique internationale.

Le vaccin russe Spoutnik V a une efficacité de 91,6 % contre les cas symptomatiques de Covid-19, selon les résultats d'essais préliminaires de phase III relayés ce mardi 2 février par The Lancet. Ils montrent que le Spoutnik V réduit de 91,6% le risque de contracter une forme symptomatique de Covid-19.

"Le développement du vaccin Spoutnik V a été critiqué pour sa précipitation, le fait qu'il ait brûlé des étapes et une absence de transparence". Ils semblent classer à ce stade le Spoutnik V, produit par le centre Gamaleya, "grand spécialiste des vaccins recombinants adénoviraux qui a produit des vaccins contre Ebola et MERS", comme le rappelle le généticien Axel Khan, parmi les vaccins les plus performants, avec ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna (autour de 95%), qui utilisent pourtant une technologie différente (l'ARN messager). À chaque fois, cela s'accompagnait d'un test PCR. Au total, 16 volontaires sur 14 900 qui avaient reçu les deux doses du vaccin ont été testés positifs (soit 0,1%), contre 62 sur 4 900 qui avaient reçu le placebo (soit 1,3%).

Les auteurs pointent toutefois une limite: dans la mesure où les PCR n'ont été réalisés "que quand les participants ont déclaré être atteints de symptômes du Covid, l'analyse de l'efficacité ne porte que sur les cas symptomatiques".

D'après le quotidien britannique, le vaccin Spoutnik V est administré en deux injections à vingt et un jours d'intervalle et, comme le vaccin AstraZeneca-Oxford, il est basé sur un adénovirus (un virus du rhume commun). Selon ses concepteurs, le fait d'utiliser pour le rappel un adenovirus différent de celui de la première injection pourrait provoquer une meilleure réponse immunitaire. "Les événements indésirables systémique les plus fréquents étaient une hyperthermie (52% des participants sur l'ensemble des sujets inclus dans les deux essais, 81,6% avec les vaccins congelés, 23,6% avec les lyophilisés), des céphalées (respectivement 42%, 52,6% et 31,6%), une asthénie (respectivement 28%, 44,7% et 10,5%), et douleurs musculaires et douleurs articulaires (respectivement 25%, 28,9% et 23,7%)".

Alors que Moscou affiche sa volonté de le distribuer largement, le Spoutnik V a été homologué dans seize pays (ex-républiques soviétiques, alliés comme le Venezuela et l'Iran, mais aussi Corée du Sud, Argentine, Algérie, Tunisie ou Pakistan).

Un problème épineux pour le Spoutnik V, aux capacités de production déjà sous pression en Russie. À l'heure actuelle, sa circulation est encore absente en Europe mais elle pourrait très vite changer après cette étude du Lancet.

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