L'Australie et Facebook en discussion après le blocage des contenus d'actualité

Pierre Vaugeois
Février 20, 2021

"Facebook a eu tort, ses actions sont injustifiées, autoritaires et vont nuire à la réputation de la plateforme en Australie", a répliqué le ministre australien des Finances, Josh Frydenberg.

Facebook rejette ce type de d'accord en indiquant que si le lien entre un moteur de recherche et les sites de presse est étroit, grâce à l'indexation, les groupes de presse choisissent d'eux-mêmes de relayer leurs articles sur la plateforme, ce qui leur permet de vendre plus d'abonnements et d'augmenter leurs revenus publicitaires. Ces éléments constituent une " réponse à la nouvelle loi australienne sur la négociation des médias ".

C'est une décision de l'extrême que Facebook vient de prendre, en réaction à la nouvelle proposition de loi sur les droits voisins de la presse en Australie.

Le président de News Media Association, une fédération britannique de médias, a estimé pour sa part que la décision prise par Facebook rendait plus jamais que nécessaire un solide encadrement de l'activité des géants de la technologie afin, a-t-il dit, qu'ils ne se comportent pas comme des "caïds dans une cour d'école". Google, qui était aux côtés de Facebook dans cette bataille, s'est, de son côté, finalement adapté aux exigences australiennes.

Le groupe de presse News Corp.de Rupert Murdoch a joué un rôle déterminant afin que le gouvernement australien s'attaque aux géants de la technologie.

Le gouvernement australien et Facebook sont en contact suite à l'ampleur croissante de la polémique.

Jeudi matin, les utilisateurs australiens de Facebook ne pouvaient plus consulter les liens d'informations provenant de médias locaux ou internationaux et les personnes vivant à l'étranger n'avaient plus accès aux informations australiennes. Pour le premier réseau social au monde, la position de Google et Facebook face à la presse est fondamentalement différente puisque Google indexe le contenu automatiquement tandis que tout est posté volontairement sur Facebook. Comme le relève le Sydney Morning Herald, le code de conduite que veut imposer le gouvernement australien aux grandes plateformes serait surtout avantageux pour les grands médias nationaux, tandis que les entreprises de presse indépendantes seraient laissées de côté, ne pesant pas assez dans la balance.

Dans l'après-midi, un grand nombre de pages fournissant des informations gouvernementales avaient été restaurées, mais les pages Facebook de plusieurs organisations caritatives, d'ONG et de l'ensemble des médias étaient toujours en "blackout" - y compris la presse étrangère comme la BBC, le New York Times et le Wall Street Journal. Couper l'accès à des informations vitales dans un pays tout entier en plein milieu de la nuit est inadmissible.

"La tournure des événements est alarmante et dangereuse", a déclaré Human Rights Watch dans un communiqué.

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