Les condamnations internationales se succèdent après le coup d'Etat — Birmanie

Claudine Rigal
Février 2, 2021

La Birmanie était partiellement coupée du monde lundi pendant que la puissante armée birmane organisait un coup d'État contre le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, raconte la cheffe du bureau du New York Times en Asie du Sud Est, Hannah Beech.

Cette décision est nécessaire pour préserver la "stabilité" de l'État, ont annoncé les militaires sur leur TV.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, arrêtée lundi lors d'un coup d'État, a exhorté la population à " ne pas accepter " ce putsh militaire, d'après une lettre diffusée sur les réseaux sociaux par son parti.

Les lignes téléphoniques de la capitale Naypyitaw et de la plus grande ville du pays Rangoun semblaient coupées, tandis que la télévision publique a cessé d'émettre, évoquant sur Facebook des "problèmes techniques". Mais des habitants se montraient pessimistes.

D'autres patientaient à des guichets automatiques pour retirer de l'argent. L'accès à internet et à l'ensemble des télécommunications restait très fortement perturbé. Elles ont été remportées haut la main par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la très populaire Aung San Suu Kyi déjà au pouvoir. "Je veux demander aux gens de ne pas réagir imprudemment et je veux qu'ils agissent dans le respect de la loi", a dit Myo Nyunt, ajoutant s'attendre à être lui aussi placé en détention. Les militaires avaient récemment menacé de mener un coup d'État si le gouvernement ne lui permettait pas de procéder à des vérifications. Le scrutin de novembre a été remporté par la NLD d'Aung San Suu Kyi avec 83 % des voix. Il s'agissait seulement des deuxièmes élections organisées depuis que la junte militaire a accepté en 2011 de partager le pouvoir.

" Les États-Unis s'opposent à toute tentative de modifier le résultat des récentes élections (...) et prendront des mesures contre les responsables ", a averti la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, dans un communiqué.

Depuis ce weekend, la Birmanie est au cœur des discussions après que l'armée a décidé de prendre le contrôle du pays.

Au lendemain du coup d'État militaire et de l'arrestation de la dirigeante Aung San Suu Kyi, l'emprise de l'armée sur la Birmanie reste ferme. L'armée a condamné hier San Suu Kyi et les Birmans à revenir à la case départ.

" Nous appelons l'armée à respecter l'État de droit, à résoudre les différends par des mécanismes légaux et à libérer immédiatement tous les dirigeants (politiques) issus de la société civile et les autres personnes détenues illégalement", a déclaré Marise Payne, la ministre australienne des Affaires étrangères. Par la suite, l'armée avait semblé faire machine arrière, assurant samedi qu'elle respecterait et protégerait la Constitution, "sans être parvenu pour autant à un accord" avec la NLD, précisait le week-end dernier le magazine Frontier Myanmar. L'armée, qui s'est vue attribuer un quart des sièges au Parlement birman, exerce aussi une partie de son pouvoir à travers le Parti de l'union, de la solidarité et du développement (USDP), une formation d'opposition alliée aux militaires qui a obtenu de mauvais scores aux élections de novembre. Une incongruité pour Aung San Suu Kyi, qui a appelé la communauté internationale à rejeter ce putsch. Ils exigeaient que la commission électorale dirigée par le gouvernement publie la liste des électeurs à des fins de vérification - ce que la commission n'a pas fait.

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