Mario Draghi devient Premier ministre et présente son gouvernement — Italie

Alain Brian
Février 14, 2021

L'ex- directeur de la BCE est donc attendu au palais du Quirinal pour présenter sa liste de ministres au président de la République, Sergio Mattarella.

Dans ce contexte, le poste clé de ministre de l'Economie et des Finances est revenu à un homme de confiance, Daniele Franco, l'actuel numéro deux de la Banque d'Italie et ancien conseiller à la Commission européenne.

Mario Draghi a cependant joué la continuité sur plusieurs autres postes importants: il a ainsi confirmé Luigi Di Maio, un haut responsable du Mouvement populiste 5 Etoiles (M5S), au poste de ministre des Affaires étrangères, la technocrate Luciana Lamorgese à celui de ministre de l'Intérieur et Roberto Speranza, du petit parti de gauche LEU, à la Santé.

Roberto Cingolani, un physicien spécialiste de l'intelligence artificielle, est désigné à la tête du ministère de la Transition écologique.

Depuis que Mattarella a fait appel à lui le 3 février, Draghi a mené des entretiens tous azimuts avec les partis politiques représentés au parlement, qui lui ont permis de former un attelage hétéroclite allant du Parti démocrate (PD, centre-gauche) à la Ligue d'extrême droite de Matteo Salvini en passant par le parti de droite Forza Italia de Silvio Berlusconi.

Jeudi, in extremis, l'inclassable M5SMouvement 5étoiles, antisystème jusqu'à son arrivée au pouvoir, avait donné lui aussi son feu vert, faisant ainsi tomber le dernier obstacle à un gouvernement d'union nationale.

Les difficultés ne font cependant que commencer pour Mario Draghi, cet Italien affable de 73 ans réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination.

Ses succès se sont poursuivis en dehors de son pays, qui compte désormais sur lui pour dissiper les doutes soulevés par la crise politique sur la capacité de l'Italie à gérer la crise liée à la pandémie du nouveau coronavirus et à mettre en œuvre un plan de relance économique de 222,9 milliards d'euros, que Rome doit soumettre à Bruxelles avant le 30 avril.

Après sa nomination à la tête du gouvernement, Draghi a appelé à "l'unité" pour faire face à une "conjoncture difficile" que traverse le pays, soulignant que "la prise de conscience que nous traversons une crise exige des réponses à la mesure de la situation" au moment où l'Italie, qui a enregistré plus de 92.000 décès depuis le début de l'épidémie, plonge dans la pire récession économique depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un PIB en baisse de 8,9% en 2020.

Mais il ne suffit pas de dépenser les fonds. Seuls 1,2 million des 60 millions d'Italiens ont été vaccinés.

En politique comme dans la nature, il y a des cycles: lune de miel, sommet, déclin.

Certains analystes politiques estiment que Draghi peut être considéré comme "le sauveur de l'Italie" et l'homme de la situation sur lequel les Italien fondent de grands espoirs. Maintenant, il est dans la phase "lune de miel", et personne n'osera le défier dans les prochains mois, ajoute-t-il toutefois en se faisant rassurant.

En Italie, les chefs de gouvernement changent en moyenne tous les 14 mois depuis 1946.

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