Ryad "rejette totalement" le rapport américain — Meurtre Khashoggi

Solenn Plantier
Février 27, 2021

Khashoggi, un journaliste saoudien, était l'ancien rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan et chroniqueur au Washington Post. Concernant l'assassinat du journaliste, Joe Biden avait estimé bien avant son élection en novembre, que le royaume saoudien mérite d'être traité comme un État "paria".

Selon sa fiancée qui l'accompagnait au consulat, il était allé renouveler son passeport.

Dans une plainte introduite en 2020, la fiancée, Hatice Cengiz, déclare au tribunal que des agents saoudiens ont "lié, drogué, torturé et assassiné" Jamal Khashoggi puis "démembré son corps". Ne sachant pas ce qui se passait à l'intérieur du bâtiment, elle l'a attendu dehors pendant plus de 12 heures. Gardé secret par l'administration Trump, le président Joe Biden a autorisé que le rapport soit déclassifié. Il contient les noms d'une vingtaine de personnes qui auraient participé à la mort du journaliste.

Quatre représentants américains, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont déclaré que le rapport déclassifié - principalement rédigé par la CIA - indiquait que "MbS" avait approuvé et vraisemblablement ordonné le meurtre de Jamal Khashoggi.

"Un pas important." Joe Biden s'est entretenu jeudi 25 février pour la première fois avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, lors d'un appel téléphonique qui doit être suivi rapidement de la publication d'un rapport américain potentiellement explosif sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

"Le rapport souligne que le jeune dirigeant, surnommé MBS, disposait d'un " contrôle absolu " des services de renseignement et de sécurité, " rendant très improbable " une telle opération sans son " feu vert ".

Jamal Khashoggi est entré dans le consulat d'Arabie saoudite en Turquie le 2 octobre 2018 et n'en est jamais ressorti.

En publiant ce rapport et en écartant de ce fait le prince héritier MBS de tout contact avec les Américains, Washington rompra définitivement avec la politique de Donald Trump à l'égard du régime saoudien.

Le nouveau président américain veut notamment replacer la relation avec l'Arabie saoudite dans son cadre traditionnel après que Riyad ait bénéficié ces dernières années d'une grande indulgence au sujet de son bilan sur les droits humains ou son intervention militaire au Yémen.

Et l'ex-président républicain n'avait jamais voulu publier ce rapport ni blâmer publiquement Mohammed ben Salmane, pour préserver l'alliance avec Riyad, pilier de sa stratégie anti-Iran, premier exportateur mondial de pétrole brut, et gros acheteur d'armes américaines. La Maison Blanche a refusé de commenter.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL