Une fillette noire de 9 ans molestée par des policiers — États-Unis

Claudine Rigal
Février 3, 2021

Les images de l'interpellation dans l'Etat de New York, plus précisément dans la ville de Rochester, d'une fillette afro-américaine de 9 ans souffrant de troubles mentaux a provoqué un tollé au pays de l'Oncle Sam. Dans les images diffusées, on pouvait apercevoir la fillette afro-américaine se faire menotter par les policiers qui ont utilisé du gaz au poivre. Les policiers ont d'abord menotté la jeune fille, avant de la forcer à monter à l'arrière de la voiture de police, où l'enfant de 9 ans a été aspergée de gaz au poivre.

Les policiers ont affirmé que c'était pour assurer la sécurité de la fillette qu'ils avaient été "obligés" d'utiliser menottes et gaz au poivre. Pour se justifier, le chef adjoint de la police Andre Anderson a relevé qu'elle souffrait d'une crise urgente de santé mentale, menaçant apparemment de se suicider et de tuer sa mère. "J'ai un enfant de dix ans, c'est un enfant, c'est un bébé. En tant que mère, cette vidéo, ce n'est pas quelque chose qu'on veut voir", a-t-elle réagi dimanche, lors d'une conférence de presse.

Des membres du conseil municipal de Rochester ont également accusé la police d'usage excessif de la force, dans une situation où des professionnels de santé auraient dû être impliqués.

Régissant après la diffusion de la vidéo, un syndicat de policiers a pris la défense des agents allant jusqu'à affirmer que les policiers sur le terrain n'avaient pas d'autres choix.

L'enfant crie et se révolte, après quoi un officier l'asperge de gaz au poivre accentuant encore son énervement. De son côté, Cynthia Herriott-Sullivan, la patronne de la police a avoué que les agents sur le terrain ont exagéré. Nous sommes confrontés à une situation très difficile. "On n'est pas à la télé, on n'est pas à Hollywood", a déclaré dimanche Mike Mazzeo. Les policiers lui avaient placé une capuche de toile sur la tête, appelée "spit hood" (capuche à crachat), parce qu'il leur avait craché dessus et affirmé avoir le coronavirus.

L'institut médico-légal a conclu, après autopsie, que le décès de Daniel Prude relevait d'un homicide, lié à une " asphyxie consécutive à une contrainte physique ".

Le scandale avait entraîné des manifestations à Rochester et à New York, pour réclamer des réformes dans la police de Rochester et poussé son chef, La'Ron Singletary, un Afro-Américain, à quitter son poste en septembre.

Une vidéo montrant des forces de l'ordre qui maltraitent une enfant a suscité une vague d'indignation aux Etats-Unis, dimanche 31 janvier.

D'autres rapports CampDesrEcrues

Discuter de cet article

SUIVRE NOTRE JOURNAL