Carles Puigdemont dénonce une "persécution politique" — Catalogne

Evrard Martin
Марта 10, 2021

Tous trois élus au Parlement européen en 2019, ils sont poursuivis par la justice espagnole pour " sédition " et, dans le cas de MM.

"Le vote du Parlement européen " envoie un triple message ", a affirmé dans une très brève déclaration la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya, l'un d'entre eux étant que " les problèmes de la Catalogne se résolvent en Espagne, ils ne se résolvent pas en Europe. "C'est la ligne qu'a adoptée le gouvernement espagnol, celle de tendre la main aux forces politiques catalanes pour trouver une solution par le dialogue et la négociation".

Le 23 février dernier, la commission des affaires juridiques de l'assemblée européenne avait approuvé les motions réclamant la levée de leur immunité par 15 voix contre 8 et 2 abstentions. Mais sur les 25 eurodéputés effectifs qui la composent, les Espagnols anti-indépendantistes étaient surreprésentés avec 5 voix. "Nous avons perdu notre immunité mais le Parlement européen a perdu plus que cela et aussi la démocratie européenne", a déclaré Carles Puigdemont, l'ancien président catalan sur qui pèse des accusations de " détournements de fonds publics ". Et ils avaient été élus. Mais quand ils se sont présentés au Parlement européen pour se faire accréditer, on leur avait refusé l'accès parce qu'ils n'avaient pas prêté serment sur la Constitution espagnole à Madrid (comme le prévoit la loi espagnole).

Tant que le mandat européen n'est pas réactivé, ils peuvent continuer à siéger au Parlement européen. Ils auraient donc été arrêtés aussitôt la frontière franchie. L'étape suivante ne lui appartient pas, mais aux tribunaux belges qui décideront si Carles Puigdemont peut être extradé en Espagne pour être jugé pour " sédition ", charge qui l'expose à une peine pouvant aller jusqu'à treize ans de prison. Mais celui-ci ne les avait pas suivis.

En conférence de presse, Puigdemont, flanqué de ses deux anciens ministres régionaux, a annoncé un recours à la Cour de justice de l'Union européenne.

Toni Comin a indiqué la semaine dernière espérer que le vote de lundi, par son caractère secret, permettrait un rejet de cette demande.

La vie de M. Puigdemont va devenir "compliquée", car privés de l'immunité dont jouissent les parlementaires européens, lui et ses anciens "ministres" Toni Comin et Clara Ponsati "ne sont plus protégés", a expliqué mardi à l'AFP un responsable du Parlement européen. Ils avaient ensuite reçu leur badge d'eurodéputé fin décembre 2019 ainsi que Clara Ponsati qui réside en Ecosse. Ce qui a pris un certain temps à cause de la pandémie. Installée en Ecosse, Carla Ponsati sera soumise à la justice britannique qui avait suspendu l'examen de la levée de l'immunité dans l'attente de la décision des eurodéputés. L'avenir des trois dirigeants catalans en dépend. La Cour d'appel de Bruxelles avait refusé en janvier d'exécuter un mandat d'arrêt européen visant un autre ancien ministre régional indépendantiste, Lluis Puig, mettant en avant un risque sérieux de violation de son droit à un procès équitable en Espagne.

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