Le Pape maintient son voyage historique en Irak

Pierre Vaugeois
Mars 5, 2021

Le pape François est arrivé vendredi après-midi en Irak pour une visite historique notamment destinée à soutenir la communauté chrétienne du pays déchiré par de nombreuses années de conflits et de violences, et plus récemment éprouvé par la pandémie de COVID-19.

Le souverain pontife de 84 ans, qui a déclaré qu'il effectuerait la toute première visite papale en Irak en tant que "pèlerin de la paix", tendra la main aux musulmans chiites en rencontrant le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d'Irak et du monde. De vendredi à lundi, il parcourra 1 445 km dans un pays marqué par des tensions irano-américaines toujours latentes et un nombre record de contamination au Covid-19.

"Vous avez encore dans vos yeux les images de maisons détruites et d'églises profanées, et dans vos cœurs les blessures des attachements brisés et des maisons abandonnées", a-t-il déploré à l'adresse spécifique des "trop nombreux martyrs" chrétiens d'Irak, un pays dont un tiers du territoire a subi de 2014 à 2017 le joug du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

L'armée irakienne, reconnue pour ses forces antiterroristes, est en effet responsable de la sécurité du voyage, même si la gendarmerie du Vatican et plusieurs gardes suisses ne lâcheront pas le pape, qui se déplacera en hélicoptère et en voiture blindée et fermée, contrairement à son habitude.

Le pape se rend d'ailleurs très symboliquement sur la Terre natale d'Abraham, personnage de l'Ancien Testament, " qui réunit en une seule famille musulmans, juifs et chrétiens", rappelle-t-il, en exprimant son désir de prier avec les fidèles d'autres traditions religieuses. "À Nadjaf, au sud de la capitale, ils ont installé un poster géant sur un immeuble de onze étages, avec des portraits du Saint-Père et du Grand Ayatollah al-Sistani, figure de l'islam chiite", sourit ce membre fondateur du Conseil irakien pour le dialogue interreligieux. Ce déplacement en Irak, en lui-même, est sans précédent dans l'histoire de la chrétienté. Il se rendra à Mossoul et Qaraqoch, deux villes marquées par les destructions de l'OEI.

Le programme papal est ambitieux.

Le pape François est attendu vendredi à Bagdad et dimanche à Erbil (Kurdistan irakien), où il doit célébrer une messe dans un stade.

Comme à chaque fois, François commencera par un discours devant les dirigeants irakiens.

François vient au chevet des chrétiens, ceux qui n'ont pas choisi l'exil, et de tout un pays qui n'en peut plus après 40 ans de crise sécuritaire, économique, sociale et sanitaire.

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