Test de moins de 48 heures obligatoire dès mardi — Frontière Moselle/Allemagne

Solenn Plantier
Mars 3, 2021

Cette mesure, qui s'applique depuis deux semaines au Tyrol autrichien et à la République tchèque, pourrait entraîner la fermeture de la frontière pour les 16 000 travailleurs français qui se rendent chaque jour en Allemagne s'ils ne présentent pas un test PCR négatif de moins de 24 heures.

"Pour se protéger contre la propagation des mutations virales, les personnes entrant en Allemagne en provenance du département de la Moselle doivent pouvoir prouver à partir du 2 mars qu'il n'y a pas d'infection par le coronavirus", a également indiqué le gouvernement allemand dans un communiqué. Les élèves scolarisés en Allemagne, eux, doivent "se renseigner auprès de leur établissement", poursuit la préfecture. - 'On en veut pas' -"Cela on n'en veut pas" pour les 16.000 travailleurs frontaliers de Moselle, a-t-il dit, en précisant être en discussions avec Berlin pour "essayer d'atténuer ces mesures le plus possible".

La mesure ne concernera pas les frontaliers se déplaçant de Moselle vers l'Allemagne pour motif professionnel, certes. "Les personnes qui résident à moins de 30 km de la frontière et entrent en France pour moins de 24 heures, les personnes qui franchissent régulièrement la frontière pour leur travail et les chauffeurs routiers devront toujours présenter un document justifiant leur passage mais sont dispensés de l'obligation de test PCR de moins de 72 heures", a rappelé la préfecture.

" Je regrette cette décision allemande parce qu'elle implique un certain nombre de ralentissements, de difficultés aux frontières pour non pas des mouvements touristiques mais de travail", a commenté sur la radio publique France Inter le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune.

Déplorant une décision "unilatérale" et "extrêmement brutale", le président de la région Grand-Est, Jean Rottner, a émis le souhait que des solutions alternatives au test PCR soient acceptées par Berlin, comme les tests antigéniques ou les tests salivaires qui ne sont pas validés pour le moment en Allemagne.

Au printemps 2020, lors de la première vague de la pandémie, la fermeture temporaire par l'Allemagne de sa frontière avec la France avait créé des tensions entre les deux pays et les populations au niveau local.

" La frontière ne sera pas fermée ", a indiqué un porte-parole du ministère de l'Intérieur, notamment car les régions allemandes limitrophes de la Moselle, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ne l'ont pas demandé. "Des patrouilles conjointes de la police française et allemande pourraient être renforcées dans le territoire afin d'assurer l'effectivité de ces mesures", est-il encore précisé.

L'Allemagne a mis en place des contrôles systématiques aux postes-frontières avec la République tchèque et la région autrichienne du Tyrol en raison des craintes d'une nouvelle vague de contamination au Covid-19 liées aux variants britannique et sud-africain du virus.

La Commission européenne s'est ainsi émue de voir la libre circulation à l'intérieur de l'UE remise en cause et tente depuis de promouvoir une approche commune entre pays.

A la frontière avec la Moselle, "il faut donner l'exemple et revenir à un dispositif plus allégé", a plaidé Clément Beaune, en arguant d'un "esprit franco-allemand coopératif" pour "éviter de revenir à ce qu'on a vécu douloureusement" au début de la pandémie.

Ce traitement privilégié a déjà suscité des commentaires négatifs du chancelier autrichien Sebastian Kurz.

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