Travail forcé des Ouïghours : après H&M, Nike dans la tourmente en Chine

Solenn Plantier
Марта 27, 2021

En outre, dans la nuit de mercredi à jeudi, le Quotidien du Peuple, le principal journal du Parti communiste chinois (qui rejette toute ingérence dans les affaires intérieures de la Chine), a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour promouvoir le coton du Xinjiang. D'après des études réalisées par des instituts australiens et américains, au moins un million d'Ouïghours ont été internés dans des " camps " et certains soumis à du " travail forcé " dans des champs de coton du Xinjiang. Mais à la suite de ses études, plusieurs entreprises de prêt-à-porter comme le suédois H&M, l'américain Nike, l'allemand Adidas ou le japonais Uniqlo se sont engagées l'an passé, dans des communiqués, à boycotter le coton du Xinjiang, qui représente près d'un cinquième de la production mondiale. Les autorités y imposent depuis quelques années une surveillance policière draconienne.

"Les intérêts du pays passent avant tout".

Les communiqués de ces entreprises sont opportunément réapparus cette semaine sur le réseau social chinois Weibo, déclenchant une polémique alimentée par l'imposition lundi par l'Union européenne, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada de sanctions contre la Chine concernant le traitement des Ouïghours. La polémique a enflé le jeudi 26 mars avec l'annonce par plusieurs acteurs et chanteurs chinois qu'ils coupaient tout lien avec Nike, Adidas, Uniqlo, Converse ou encore Calvin Klein, dont ils ou elles étaient les ambassadeurs. Les deux multinationales ont rendu public, à travers des communiqués, leur boycott du coton provenant de la région du Xinjiang en raison de la persécution de la minorité musulmane Ouïgoure. Ces derniers ont été retirés de sites de vente en ligne en Chine, et des personnalités chinoises ont retiré leur soutien aux marques. "Mais une fois rentré à la maison, je vais les jeter!", assurait-il, même si ces postures patriotiques ne sont pas forcément suivies d'effets durables. Pékin a d'ailleurs démenti toute instrumentalisation dans cette affaire et continue de démentir les accusations sur le travail forcé des Ouïghours. "Les surfeurs ont appelé au boycott des produits de la chaîne de mode populaire et l'ont appelé à quitter le marché chinois".

Cette décision était intervenue après un rapport de l'ONG Australian Strategic Policy Institute accusant le groupe de s'être approvisionné "potentiellement directement ou indirectement", entre 2017 et 2019, auprès de structures utilisant de la main-d'oeuvre ouïghoure provenant de "camps de rééducation". L'acteur Huang Shuan, qui a été nommé il y a un an pour représenter les vêtements pour hommes de H&M en Chine, s'est déclaré opposé à toute tentative de discréditer la Chine et la situation des droits de l'homme dans le pays.

Nike n'avait pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaires de l'AFP.

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